Et voilà, il a été acquitté. Et j’en suis bien heureux. Depuis le début, je défends Michael, ce monstre réputé pédo-excentrique, oui cher jurés, je défends Michael Jackson sur la simple base que cet homme est complètement barré. démonstration.
(Cette diatribe désorganisée relance ma thématique de “Chaos Théories“, ces monologues où l’on balance ses théories persos au monde, genre ça. Elles paraissent bancales pour qui ne les comprend pas mais coulent de source dans notre tête, il faut les exprimer. Stitch comme symbole du Post, de l’importance de l’égoïsme (hein JJ), du rôle du sel pour mieux comprendre notre société, tout y passe, c’est foireux mais entêtant. Et des théories de coin de tête, tout le monde en fomente naturellement. J’en ai évidemment plein sur le feu, j’espère pourvoir les matérialiser régulièrement pour vous faire hurler et sortir de vos gonds. Ces plaisirs rhéthoriques solitaires sont bien sûr ultra perméables à la critique car perfectibles (trip solo, non exhaustivité dans les connaissances du débat etc.) et c’est ce qui les rend attachants, non ?)
Les motivations pécuniaires ou légitimes de la famille, on s’en fiche un peu. Le désir de revanche du procureur général, on s’en balance. Le procès et les détails, tout le monde les connait. Le vrai noeud du problème, c’est lui : ce farfadet talqué qui vous force le respect ou le dégoût. Que se passe-t-il dans sa tête pour pouvoir envisager sereinement ce qui dégoûte le monde dans lequel vous vivez ?
Disco Inferno
Pour qui a suivi sa discographie, la trajectoire psychologique du bonhomme est limpide.
“Got to Be There” et “Ben” sont d’excellentes executions. Rien de génial (on interprète des chansons très Jackson 5 mais en solo) mais assez pour convaincre Quicy Jones de miser sur le petit Michel Jaqueson.
“Off the Wall” débarque en 79 et conclut magistralement la disco 70’s qui voit poindre le meéchant synthé de la disco 80’s. C’est festif, léger, enlevé, Michael est parfait.
“Thriller” conclu avec brio cette émancipation : “The Lady in My Life” est clairement le titre le plus hot de Michael. Aujourd’hui, placer “Michael Jackson” et “Hot” dans la même phrase sonne faux.
“Bad” est le premier album du clash. Les Jackson 5 sont enfin séparés et Michael semble se lâcher un poil plus. C’est l’époque “Fuck la société”. artistiquement, c’est forcément moins marquant qu’un Thriller mais cela reste du menu gourmet. Jackson n’est plus le moteur de la Pop musique, mais toujours son roi.
Les choses se gâtent avec “Dangerous“. Depuis “Bad”, les médias se sont lâchés sur Michael côté faits divers. Meilleur ami singe, caissons d’oxygène… A ce moment également, MJ se lance dans son grand bond en avant “I love you all, I love you” qui tranche totalement de “Bad”. Confusion, mais les titres restent plutôt bons. Deux ans plus tard, les premières accusations de pédophilie tombent.
“HIStory” sort alors que le premier procès pour pédophilie se termine par un arrangement qui sonne comme un aveu. L’album marque officiellement le décline de Jackson qui sombre dans la démesure (esthétique Stalinienne, auto apologie etc) et se coupe définitivement du monde. C’est bête, la structure bicéphale du second CD (”Money” côtoie “Little Susie”, “HIStory”) est très pertinente sur l’état du personnage.

Je ne parlerais pas de “Blood on The Dance Floor” ou “Invincible“, ce sont juste les hémorragies d’un homme malade.
Si j’étais blanc, si j’étais un enfant.
MJ n’a jamais eût d’enfance. Sa vie active, il l’a passée de 6 à 40 ans. Martyrisé par son père, nourri et étouffé par les médias, Michael Jackson était né pour être un monstre. Sauf qu’à l’époque, tout le monde aimait cette bête de foire de 11 ans portant à bout de bras et de voix le premier boys band noir de l’histoire.
Avec Madonna, c’est la seule star qui puisse cristalliser la culture pop musique des 30 dernières années. Sauf que la Ciccone a eût un parcours plus dur et donc plus sain. Il est maintenant à la retraite et veut vivre comme un gamin, le caprice légitime d’une personne qui veut naturellement ce qui lui manque. Si ce n’est pas weird, ça.
Si j’étais dans la peau de Michael Jackson, je pense que je serais :
- Ultra sensible : Ma vie personnelle et mon expérience m’ont offert une connaissance exceptionnelle de notre monde.
- Intelligent : Loin de l’intelligence logique, je parle ici de créativité, d’envie de créer, de modifier le monde qui m’entoure, ne plus vivre dans un monde qui demande encore des concessions.
- Déconnecté du monde “réel” (le notre, quoi). Il y a un moment où l’âge critique de non retour fait son effet. On ne changera pas un vieux con, on ne changera pas un ange déchu de la chanson. Les frasques de Michael Jackson ne peuvent être jugées de manière faciale. Se mettre dans sa tête ne fait pas dire “ah ok” machinalement, mais permet de se dire “cet homme vit juste dans un autre monde, avec d’autres lois”.
- Passionné : Je fais tout dans l’excès. Ma vie, mes actes, mes réactions. Les normes ne sont même plus indicatives. Toutes les stars sont passionnées. Problème : je suis considéré plus comme un Freak malsain que comme une star.
- Ouvert devant les autres : Point charnier du débat Jackson. Je ne me sens pas criminel. Je n’ai pas tripoté de gamins. J’ai chahuté avec eux quand aucun adulte n’a le droit de me toucher sur un plateau. Je le crie haut et fort. J’aime les enfants, je rêve d’en être un toute ma vie. Je veux vivre comme eux, avec eux. Je le crie haut et fort au public. Je veux que mon immaculée démarche et ma pure transparence balayent les doutes du monde normal. J’ai tout faux mais je suis resté vrai.
- Têtu : On m’a déjà bien torché, eût, roulé, souillé dans les médias. Mais je ne lâche pas le morceau. Un jour, les médias comprendront qu’ils ont perdu la guerre devant mon innocence. J’aime les gens, à la fin, ils ne pourront plus me détester.
Je ne sais plus où j’en suis (vive le Blog, terre sainte ou l’écriture d’une traite n’est pas punie), mais je reste persuadé que cet homme n’a rien fait. Il est juste trop barré pour cela. Catapulté dans son Neverland, il crie au monde son amour des enfants, continue de vouloir pardonner ceux qui le conspuent et veux encore accueillir, aider, jouer et faire dodo avec des enfant. C’est évidemment malsain. Mais est-ce criminel ?
Le problème des monstres comme Michael Jackson, c’est qu’on ne pourra jamais les regarder sans verres déformants. Quelque soit son propos, Elephant Man attirera toujours les cailloux. Alors on fait le procès d’un homme accusé de pédophilie mais on fait surtout le procès d’un génie en déchéance dont l’excentricité et la pureté forment un couple impossible à matérialiser dans la tête des gens qui vivent une vraie vie. Vous savez, celle qui ne vous laisse aucune chance. Merci donc aux jurés de m’avoir fait mentir.
Titre du 20 minutes de ce matin : "Michael Jackson : blanchi !"
(Information de PoRCo dans PlanetG !)