NOV
Man on the beach, Mind in the Sky
2008 à 17:24 22 commentairesLundi de pont : Comme prévu, peu de monde, un faux rythme, une humeur vaporeuse. On travaille dans une ambiance ethérée, sans vraiment savoir sur ce quoi on travaille. Comme ce sans abri, croisé sur la plage de Santa Cruz en Août dernier.
Je me baladais seul dans cet endroit décevant, mes amis m’attendaient dans ce restaurant situé au bout du ponton. Au moment de quitter la plage pour y grimper, je croise toute une troupe de SDF abrités du soleil sous les planches dudit ponton.
Tous, sauf cet homme qui ajuste inlassablement une longue ficelle de plastique à un bâton. Avec le vent, elle s’envole haut, comme tirée par un cerf-volant, sauf que je n’ai aperçu aucun objet au bout de la ficelle. Elle semblait tendre vers le haut, toute seule comme une grande. Et l’homme de checker, ajuster, rechecker inlassablement.
…………………………
Je ne sais pas si la beauté de la chose venait du résultat, ou de la nature quasi amnésique du labeur : cet homme n’avait l’air ni heureux, ni malheureux, ni concentré, ni décontracté. Il ajustait et vérifiait simplement cette ficelle qui tendait vers le ciel.
J’ai du mal à poser des mots sur cet état, mais il m’est familier. Souvent, j’écris, je regarde, je surfe, le reflechis en oubliant le but de tout cela, la direction de mon labeur. Je suis juste plongé, pris dedans. Et si l’on regardait dans mes yeux, on ne saurait dire s’ils sont concentrés ou perdus dans le vide.

Peut être concentrés dans le vide.
Ou concentrés sur le vide.
Cette sensation. Tu fais ce que tu dois faire, sans gaieté, sans tristesse. Tu le fais, c’est tout.
C’est le ka
Ah c’est le pont donc, il y a que les étudiants qui bossent, c’est ça….
En parlant de photo, et la salon de la photo alors ?
Y’a une descente lensienne de prévue ??
De plus en plus poétique? un homme, sur une plage, qui fait voler une ficelle dans le ciel…
Un clodo surexpo, un photographe sous coco, quelle belle sodo.
la poesie (l)
rien à voir (ou pas grand chose) ça me rappelle quand j’étais petite . Avec mon voisin on pouvait surveiller pendant des heures une ficelle que son père avait accroché à un arbre en nous disant que si quelqu’un venait tirer la ficelle LA sorcière viendrait…(bonjour les cauchemars !).
Et dans tout ça, il est où Mickael Vendetta ?
Il n’y a pas encore trop de réactions en chaine. Mais que j’aime ce billet ! Il me suffit à me dire bonne nuit.
Ne pas penser et se laisser envahir par le vide est un état que j’apprecie.
C’est une solitude où on occupe tout l’espace. Divine, presque. Où rien ne manque. On est tout et tout est nous. C’est le pied quoi.
rho c’est quand même un peu osé (voire carrément provocateur) d’être contre-productif comme ça.
il devrait organiser des séminaires, ça marcherait bien je pense.
T’as vraiment une capacité déconcertante à jongler avec la justesse des mots. C’est toujours un régal de passer par ici.
Ben voila t’as donné un sens à son acte : tu l’as pris en photo.
un peu de vacuité, d instant présent ça change
Simon
peut-être
Prankster
le ka ?
Regis
Ya les freelance aussi…
Antoine T.
Il faudrait organiser ça, oui !
fanette
La situation était assez belle et hors du temps, oui
Jeanluc
nc
poosy
Sympa ton père :>
ksajaN
nc
lesautresetmoi
Ca fait du bien parfois, lorsqu’il y a peu de monde…
sylvie
Mais lorsque l’on s’en compte, le charme est par la même brisé…
mourtazag
C’est assez dénué de sentiments je trouve, ni agréable, nidésagréable
ms. elvis jones
seppuku !
L’dZ
Merchi, mais reste donc !
Lo
Peut-être, je l’ignore en fait…
hadda
C’est la journée pour ;)
Cette photo me rappelle cette soirée géniale passée hier avec toi et margaux.
(…………)
@ Antoine T., autres Lensers et Lâm: Bon mon précédent commentaire a été stoppé par l’anti-spam. Je tenais à vous signaler que sur le site de magazine “Le Monde de la Photo”, on pouvait y télécharger un invitation pour cette manifestation. J’espère que cela vous sera utile.
C’est drôle de te voir en vrai, café La Liberté en ce triste mardi fin d’après-midi, Lâm-Charmant ; )
La description que tu donnes de ton SDF me fait penser à “machin” (oui j’ai oublié l’histoire, j’ai honte) de la mythologie grecque. Celui qui, puni par Zeus, pousse toujours la même pierre dans le même trou.
@ Xas : Sisyphe (c’est là que je suis contente de mes fructueuse études de lettres classiques. Une fois ça m’aura servi. Merci à toi…)
Pas de soucis, ça fait plaisir.
Maintenant j’espère que mon analogie avec Sisyphe (quelle classe de savoir maintenant) ne parait pas trop alambiqué…