FEB
Up
2010 à 13:26 40 commentairesLorsque j’étais petit, je vouais une grande passion aux ballons plastiques gonflés à l’hélium. Ca m’a brutalement passé un soir, en rentrant d’un mariage.
Je passais par cet instant toujours très pénible où comme tout gamin, tu as couru partout et mince, il est 1h00 du matin et tu t’es endormi dans la voiture et par instinct, tu ouvres les yeux juste avant d’arriver mais comme tu es couché sur la banquette arrière, tu ne vois que des lampadaires défiler à travers les vitres et ne sens que des virages qui n’ont pas de logique. Et te voici perdu, à moitié conscient.
Et puis, la voiture s’arrête, tes parents te sortent délicatement pour ne pas trop te réveiller, tu marche les yeux fermés, accroché à ta grande soeur, tu veux juste rentrer dans ton lit. Ce soir là, j’avais gagné un beau ballon rouge, genre alu brillant. Et tellement plein d’hélium que je pouvais presque laisser mon bras flotter à l’horizontale.
On m’avait attaché le fil de papier cadeau autour du poignet pour ne pas que le ballon s’échappe et aille se coller au plafond de la salle des fêtes. Noeud qui a dû se défaire durant mon sommeil. Je ne l’ai pas senti se défaire mais doucement, mon bras est devenu plus lourd et j’ai ouvert les yeux.
Je ne sais pas pourquoi, mais la vision de mon ballon rouge s’envolant sans fin dans la nuit, jusque dépasser mon immeuble de Maison-Alfort, celui qui représentait pour moi le maximum de la notion de hauteur, la fatigue, la déception, je me écroulé et je crois que j’ai rarement autant pleuré. Un truc vraiment plein de douleur et de tristesse, un peu comme cette fille que j’ai vu éclater en sanglots dans une soirée, tout ça parce qu’elle avait perdu son rouge à lèvre et qu’elle était complètement bourrée.
La douleur de la perte fût quelque chose, mais j’ai ensuite vécu une période bien pénible ou j’ai pensé sans arrêt à l’endroit où mon ballon aurait pu se poser. Pour me rassurer (et me calmer) mes parents et ma soeur m’avaient appris qu’à un certain moment, les ballons arrêtaient de monter et redescendaient et que peut-être un jour, on le retrouverait (ils sont trop mignons, mes parents et ma soeur).
Sans rire, j’ai bien regardé pendant 2 ans tous les arbres que je croisais en voiture, voir si un reflet rouge brillant et dégonflé ne m’attendait pas, tout en simulant le plus logiquement possible les endroits où il aurait pu atterrir. Ptet carrément en Afrique. Vingt-sept ans plus tard, les moments de Up qui me sont le plus désagréables sont chaque ballons qui crèvent durant le film.
Et je suis toujours un peu amer de voir partir un enfant avec ces ballons. “Attention petit enfant des années 2000, une grande douleur te guette, sers bien le noeud autour de ton poignet et ne baisse pas ta vigilance“.
Le seul truc qui me retient de les avertir, c’est de passer pour un fou, le mec flippant de bonnes intentions, bonne intentions complètement hors de propos, qui fait peur et pleurer les enfants en voulant leur éviter ce qu’il a vécu. Et qui n’apprends pas : je m’endors encore inévitablement en voiture.

Merci pour ce beau moment de nostalgie! Cela me remémore bien des souvenirs;-) Les trajets en voiture ou l’on s’endort doucement, impossible de ne pas s’en rappeler!
En étant pas aussi poétique que toi, sauve tous ces enfants en aspirant l’hélium de leur ballon pour que plus jamais ces derniers ne s’enfuient lâchement en laissant désemparée le pauvre petit enfant qui découvre la notion d’abandon…
Exactement, mais le pire dans mon cas, c’est que cet état de semi-conscience dans la voiture, regardant ces lumières et sentant ces virages, c’est que je voulais qu’il dure, et dure encore… Car on était bien, et je n’avais qu’une crainte, l’arrivée, car arrivée signifiant toujours un réveil un peu plus prononcé, qui casse ce moment unique.
moi, c’est les clowns
FFFFFUUUUUUUUUU
Tain tu m’aurais pas spoilé la fin de Up là ?
Nan mais c’est vrai que les ballons finissent par redescendre.
Les ballons qu’on ramenait dans notre chambre finissaient toujours par trainer par terre, à demi dégonflés (et frippés comme mamie Danielle)
J’imaginais des meubles à hélium: t’en veut plus dans tes pattes? tu les colles au plafond.
Prendre le thé sur une chaise flottante a du aussi être inspiré par ma cassette de Mary Poppins…
… et c’est encore pire quand les enfants sont les tiens. Ne pas leur refourger tes peurs et tes douleurs.
Ma grande angoisse est la perte d’un objet, au hasard un doudou ou une echarpe ; avant même que cela n’arrive, je l’imagine seul en ville, perdu sans son petit propriétaire, rendu à sa triste condition de morceau de chiffon anonyme.
Depuis mes filles ont perdu des dizaines d’écharpes, de bonnets et de jouets ; le traumatisme s’atténue.
J’ai rien compris: t’étais scout obèse quand tu étais petit?
Hello !
C’est marrant moi aussi je me sentais mal à chaque fois qu’un ballon crevait dans UP !!
Très joli post en tout cas :)
arf. tiens, cadeau : http://bit.ly/b3mSgM
Peut-être la réponse et la fin de cette douce tristesse :
http://www.evasion.cc/blog/comments/spot-television-tiji/
:)
Fais-moi penser à te présenter mon père à l’occasion Lâm…
Il les “tuait” à coups de couteau de plongée quand ils commençaient à “vieillir”. Ça m’a vite guérie. (Du coup, je peux plus les blairer ces ballons…)
Tiens, j’aurais une pensé pour les jeunes névrosés en pleine dépression quand je croiserais un ballon Disney collé au plafond de la salle des échanges de La Défense.
Ah et sinon: HOUSES-ALSTRONG RAISE UP !!!
Les ballons rouges
Qui s’envolent et qui bougent
Dans le ciel au soleil rouge
Sont des rêves d’enfants
Les ballons rouges
Qui s’envolent et qui bougent
Font pleurer les enfants
S’ils éclatent dans le vent
Je m’souviens qu’à six ans
Tu regardais un vieux marchand
Qui vendait aux autres enfants des ballons
Tu ouvrais tes yeux tout grands
Tu voulais depuis longtemps un ballon
Robes rouges et ballon rouges
Je t’avais offert le mien
Mais tu as ouvert la main
Et là-haut oh oh
Ballon s’est envolé
Et dans le ciel il s’est noyé
Et tu t’es mis à pleurer
Le coeur gros
Maintenant tu as vingt ans
Ne fais plus comme l’enfant
Et garde bien mon amour
Dans ta main
Ballon rouge est comme l’amour
Oui il peut s’envoler un jour
Et devenir le ballon gris
Des chagrins
La vie d’enfant est bien dure… Lorsque l’on réussit à ce qu’il ne s’envole pas dans les airs, c’est à la lente agonie du ballon que l’on assiste : jour après jour, on voit bien qu’il se dégonfle et qu’il a de plus en plus de mal à monter vers le plafond. Petit à petit, comme un vieillard écrasé par le temps, il se fane, se rabougrit. On en vient à se demander si on ne devrait pas l’euthanasier à l’aiguille une bonne fois pour toute pour le jeter à la poubelle plutôt que d’assister à cet inexorable déclin qui nous initie à la vie et à la mort.
Bref, c’est horrible, les ballons… ;-)
Barden de barden Lam, c’est ça qu’on veut ! Nice post !
Alors moi c’est tout l’inverse, je n’ai jamais eu de ballon gonflé à l’helium parce que selon ma mère s’il avait crevé ou s’était envolé ” ca aurait été la crise”! En lisant ton post je comprends mieux maintenant ce qu’elle voulait dire… mais je vais lui dire la prochaine fois que ca y est maintenant je suis grande et que je ferais pas de crise s’il s’envole (quoique ^^ )
Marrant moi je voulais justement tous les libérer , pour moi ils étaient prisonnier du monsieur qui en plus les vendais ! Et je te dis pas le bonheur des kermesses où l’on laissait s’échapper une flopée de ballons! Par contre j’aimais pas du tout en voir un coincé sous le plafond d’un centre commerciale , quelle mort horrible :(
*on est tous des enfants barjos*
Magnifique écrit !
tu à des nouvelles de bababaloo?
Quand ils s’envolaient ces ballons, j’étais toujours triste puis fascinée par l’idée que cette liberté leur procurait. Il me restait surtout ce sentiment là :)
Quand j’étais gosse j’adorais les ballons gonflables , à l’hélium ou pas. Mais ce que j’adorais par dessus-tout , c’était de les éclater :)
Merci!
Joli moment de lecture, comme je les aime…
je me souviens très bien de ce moment. et de tes yeux dépassant progressivement le niveau de la vitre de la voiture, pour chercher “qqchose” (quelqu’un?) en l’air. c’est émouvant. baisers de grande soeur.
L’enfance, les plaisirs, l’innocence et les peines qui rendent tout le monde bien nostalgique (thank Mr Lam :)
Chouette billet Lâm.
Je me souviens en avoir eu un aussi quand j’étais plus jeune, un Casper, le gentil fantôme. Le lendemain matin il s’était, littéralement, envolé. Ma mère, très croyante ou trop superstitieuse avait cru bon de le libérer… Ces satanées croyances chinoises ont eu raison de mon ballon -_-’
Une fois aux fêtes de Bayonne, j ai acheté tous les bob l’éponge de la ville pour faire une libération massive de tous les bob l’éponge ! Ça m’ a couté un bras, mais ca valait le coup :)
Merci pour le partage. Très bien conçu félicitations site
Belle plume
Je sais où se trouve ton ballon http://www.flickr.com/photos/dazzling_velours/4359519274/
http://joris.purgatorio.free.fr/?p=145 les ballons de ton enfance… en beaucoup plus gros.
http://sskizo.net/2010/02/15/lastonestanding/
helium eternal!
http://www.clementinehenrion.com/indexhibit/
Sans rire, douloureux le souvenir du ballon qui s’envole dans la nuit, mais très poétique aussi.
Perso, ce que j’aime le plus avec ces ballons, c’est l’hélium qui est dedans!! :p
touchant ^^
Au moins, tu as eu un de ces ballons, même si ce ne fût que de courte durée. Moi, popamoman n’ont jamais voulu m’en acheter (han).
ça m’a trop fait pensé à mon enfance : tenir bon ce foutu ballon pendant toute la foire, puis jusqu’à la voiture pour que quelqu’un (moi ou mes parents, je ne sais plus trop) le lâche en descendant de voiture, arrivé à la maison. Aaaaarrghhhhhhhhhh !!!
Foutu ballon ! il m’est arrivé le même genre de choses avec mes gamins !
Ces ballons-là ont vraiment été crées pour faire chialer les gosses….
Au pire, t’arrive à le garder et il finit tout dégonfler par terre, tout moche..ça valait la peine, tiens….(coup de pied dans un caillou qui trainait là°).
Squirrel, très beau poème….
Merci swanoli mais il s’agit d’une chanson de Claude François :-)
Félicitations!
Très très beau site
Merci