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Archive pour March 2010

Apres avoir explore le nord, la lente redescente vers Ho Chi Minh Ville debute.

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Je suis assez deroute par le pays et ses habitants, tour a tour admirables comme detestables. Je pense qu’il me faudra quelques temps pour bien infuser cette masse de moments et de ressentis.

En attendant, nous voici sous la bruine de Ninh Binh, ville mi-transitoire mi-touristique. Matinee de flemme et de repos, je peux enfin ecrire.

Bien sur, il s’est passe plein de choses et j’ai encore en tete la beaute des montagnes du Nord, avec ses maisons nouees dans le flanc des reliefs, nouees de bambou. Les etagements des rizieres qui donnent aux montagnes des airs de gigantesques mangues tranchees par les vendeurs des rues.

Hanoi, vieille mais agitee, le son incessant des klaxons et de l’activite. La baie d’Ha Long et son cote usine a touristes et pollution surpuissante, a vous degouter de cette “8e merveille du monde”.
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Quelques mots pour resumer a l’extreme quelques etqpes du periple. Car le temps et les moyens me manquent pour ecrire et poster des images, mais c’etait mon choix de ne pas emporter de laptop dans notre sac ultra optimise pour faire du routard.

Le manque de blogging vient aussi evidemment du manque de temps, mais pas d’envie. On me dit souvent “allez, laisse un peu tomber le clavier, profite de la vraie vie !”

Il y a mesentente ici. L’ecriture (dans ce cas, le blogging) est une passion et une activite entiere pour moi. Je ne blogge pas lorsque je n’ai rien d’autre a faire, la “vraie vie” n’est mieux ou moins bien.

L’ecriture m’a vraiment manque ces derniers jours et j’aurais aime pouvoir tenir un petit carnet de voyage. Il y a aussi les images, tellement galere de juste retailler les jpg sortis des appareils les postes ici sont evidemment asthmatiques et blindes de crapware.

J’aurais litteralement mis une heure a poster ces 3 images depuis photohop.com …

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Il est l’heure de dejeuner, allons remanger de cette delicieuse chevre grillee avec ces herbes parfumees et inconnues.

Nous avons passe 3 jours a Ho Chi Minh Ville (Saigon) a faire le grand ecart social au coeur de cette ville tentaculaire, grouillante, bouillonnante (bouillons des fondues de chevre et temperature bouillonnante de 37 degres).

Quartier des touristes, coins branches avec ma cousine et son homme trainnant dans le milieu expat’, restos des rues et karaokes avec Luan (oui oui, l’illustre Luan du temps de laFraise) et son cousin, grande villa bourgeoise ou reside desormais une partie de ma famille maternelle.

Je suis encore dans le bouillon de la decouverte et pour le moment, le choc est assez grand. Moi qui pensais connaitre les vietnamien, je me rends compte que, naif, je n’en n’avais connu que la frange intellectuelle, des classes superieures, riche. J’apprends, je trouve plein de petites reponses a des questions que je ne m’etais jamais vraiment pose, c’est interessant.

Nous sommes desormais a Hanoi, nuageuse, pour visiter le nord avant de redescendre sur Saigon. Je ne vous poste encore pas de photos car :

- Je suis decu de leur qualite esthetique et leur manque d’inspiration.
- La becane sur laquelle je tape ce post et check mes mails creverait juste de gerer les jpg issus de mon appareil.

Mais rien ne presse.

(clqvier qwerty degueu powa)

Le départ, et la fin

17 Mar 2010 à 20:10 78 commentaires

Un post un peu spécial : je pars ce soir au Vietnam, un mois avec ma chérie.

Nos bagages sont légers et le programme devrait l’être aussi : tongs, moto et photo.

Le mois de rêve ? Clairement, les trois mots juste au-dessus doivent faire partie de mon Top5 ever (avec “loutre”, et “procrastination”). Ce long trip sur la terre de mes parents, j’en rêve de loin depuis tellement longtemps.
Sans oublier que mon billet d’avion est le cadeau des mes 30 ans, offert par une troupe assez burlesque de mes potes.

Pourtant j’ai peur. Ce voyage, je me le suis fait dans ma tête depuis mon enfance. Il y a évidemment la peur de la fin du fantasme. Il y a également la peur du résultat : J’ai l’impression que de manière inévitable, je serais très déçu ou je serais complètement embarqué et ne reviendrai pas en arrière. Aucune vision douce, raisonnée.

Et puis il y aussi une grande partie familiale. Je pars là-bas pour officiellement voir la partie de ma famille maternelle rentrée “au bled” comme aime le dire la plus jeune de mes tantes. Officieusement pour dire un ultime au revoir à mon grand-père, que je vois sûrement pour la dernière fois vivant. Très officieusement pour régler quelques trucs avec moi que j’ai toujours enterrés avec un talent certain et que je sent depuis quelques années capables de m’éclater au visage comme des mines sauteuses.

Et puis je ne pars pas vraimer tranquille. En France, ma petite boîte se décide enfin à passer la seconde : Lense et DK8 réclament toute mon attention et des problèmes de timing me font partir à cette période précise. Je n’aime pas ça.

Il y a donc une Pression certaine et la pression de ne pas transmettre cette Dernière à ma chérie, la jeune femme que j’aime tous les jours un peu plus et qui viendra faire la tong-moto-photo avec mois. J’ai peur que ce voyage soit “le mien avec elle en plus”, alors que je veux plus que tout qu’il soit simplement le notre.

Ceux qui me suivent sur ce blog ou me connaissent le savent : je voyage beaucoup à travers le monde, mais je ne voyage que peu au sens propre du terme. Du coup, je panique un peu avant chaque départ, comme si j’allais faire quelque chose de routinier mais d’inattendu en même temps. Déjà que je récolte les nuits blanches chaque veille de départ de press-tour…

Ce voyage sera parmi les plus longs et le plus important de ma vie. Je le rumine tellement dans ma tête et mes tripes que même le blogger exhibo qui réside en moi, généralement si bruyant, ne vous a rien dit depuis que j’ai commandé mes billets, en Janvier dernier. Je ne savais juste pas quoi dire, penser.

Maintenant que je tapote ces confessions sur mon téléphone depuis le terminal d’embarquement, les choses semblent déjà plus claires.

Allez, il est temps d’arrêter l’auto-torture mentale, de partir et de laisser derrière moi le maximum de pensées et d’attentes.
Atterrir, me déchausser, boire un Café Suda ou un lait de coco frais.

Tout ira bien ou pas, mais en tout cas tout ira à son rythme et son envie, pas les miens.

Let go.

sms-2343

Quoi, comment, Secret Message Service re-redémarre ? Oui.

J’ai finalement bien isolé le point bloquant de ce joli projet qui mérite d’avancer et de partager : moi.

Du coup, nous avons monté une petite équipe de choc et démarré une évolution qui semble naturelle : changer de récepteurs de secrets. Désormais le fameux téléphone passera de mains en mains. Bien sûr, cela se passera à intervalles assez lents et avec des personnes de confiance absolues. Mais cela permettra de voir des décors, des sensibilités (et des mains) différents.

C’est ainsi mon cher Matyeu qui recueille désormais les secrets, toujours accompagné de l’équipe de choc Kevin (orga générale, retouche), Raphaël (technique), Maud (retranscription, chasse implacable aux doublons) et les admins encore motivés de la première génération.

Je peux maintenant regarder ce Projet vivre sa vie avec grand bonheur, et souhaiter longue vie à vos secrets.

06 1957 1992 : text what you can’t tell.

monday-todo-b (hi res en cliquant sur l’image)

Et je vous raconte pas la Tuesday ToDo, pour toujours plus de fun. Bonne chance les cocos. Bonne chance et bonnes petites croix à côté de chaque tâche. Douuucement.

Alors les kids, on est déjà fatigué des premières chorés, on attend le quart d’américain ? Que nenni, niet. Fuck get up. Turn UP some shitty fun sound, and do the following :

DANCE. DANCE. DANCE.




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Ok, les gens. Friday + Dance : FRIDANCE.

- Démarrez votre All Time Fav Power Song (qui met la patate + qui met la honte + qui met vraiment trop la patate), genre ça.
- Cliquez sur “lire le reste de cet article
- Attendez quelques secondes que ça charge (20Mo ahead). Smartphone people, don’t.
- !DANCE!




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Read Bulles

10 Mar 2010 à 13:31 79 commentaires

bd-comics (cliquez sur l’image pour la haute résolution)

Suite à ce post sur ma préférence aux mangas, des lecteurs et des potes (merci Pénélope, Silphi, beorn, Erwan…) m’ont orienté vers des comics et BD (ou graphic novels, je sais plus ce qu’il faut dire) très valables à leurs yeux. Je me suis donc lancé en Novembre sur deux séries, Civil War (Millar – Mc Niven) et Walking Dead (Kirkman – Adlard). Pour en ressortir assez abasourdi.
Si je préfère toujours le dessin et la mise en scène de certains mangas (vos avez lu les derniers Naruto ? Holy sh. !), ces deux séries US m’ont plongé en profondeur dans la modernité humaine : Construction, références, théâtre des évènements, énorme poids politique… Vraiment impressionnant.
Au plus fort de la lecture, j’ai fait des rêves/cauchemars de Walking Dead, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps.

Dans l’élan, je me refais également une petite culture BD européenne avec des grands classiques : Le Combat Ordinaire et Blast (Larcenet), Pascal Brutal et La Vie Secrète des Jeunes (Sattouf), Persepolis (Satrapi), Chroniques Birmanes (Guy Delisle) ou encore le fabuleux BlackSad (Ganales – Guarnido) etc.

Difficile de ne pas tomber en admiration devant ces monuments et de goûter avec délice à des rythmes et des envies bien différents du manga et sa structure ultra efficace. Et voici l’excitation d’être vierge, face à un gigantesque territoire de tentations. Bien content d’avoir enlevé mes oeillères pour le coup, même si bordel, zavez lu les derniers Naruto ?

(ps : j’ai pas pu m’empêcher de caser les petites nouvelles dans la photo…)

anon-chick

Je monte rapide dans le métro, dans un petit saut, juste avant la fermeture des portes.

Tu es déjà posée, assise droite sur le strapontin de bout de wagon. Genoux serrés, sur pointe de pied, tu vois débarquer cette racaille qui s’est engouffrée dans le wagon à la fermeture des portes, frôlant les gens, enchaînant dans la foulée un crash dans le strapontin en face du tiens.

C’est vrai que je ne suis pas habillé du plus chic, aujourd’hui. Il fait froid et je mon typical outfit vois-tu : gros bonnet noir, sweat à capuche gris, veste à capuche grise, sac-à-dos et énorme jogging Carhartt qu’à côté le pantalon d’Aladdin, c’est un slim. Sous mes amples vêtements, tu ne devine pas vraiment mon visage (lorsque l’on ne voit pas mes yeux, peu de gens me devinent asiatique), mais tu sais que je suis crevé, affalé sur mon carré de simili-cuir. Tu me dénigres déjà un peu et je m’en rends vite compte. Pas de soucis. Le matin, je ne ressemble à rien parce que de toute façon, j’ai envie de mourir tellement je suis mal.

En reniflant ma petite crève, j’enfourne mes écouteurs dans les oreilles et me réveille. Je lève les yeux et te vois, jeune fille propre sur elle. Cheveux tirés, IT bag, beret vintage et veste genre The Kooples. T’es mignonne, tu as envie de surnager dans la vie parisienne et surtout, tu déteste ce métro, le métro. Plus tard, quand tu auras réussi, ce sera Vespa/Smart/taxi. Les racailles comme moi qui te mattent dans le métro, c’est une motivation quotidienne pour faire ton trou vers la surface.

On est là, face à face, sans vraiment se regarder, juste à jauger d’un oeil habitué un stéréotype du metro parisien. Pour couronner le tout, j’écoute la seule chanson qui me fait monter le volume d’un cran à chaque couplet/refrain : Truly Yours de Diz Gibran. Fantastique morceau. Les aigüs doivent passer à travers mes intras, et merde : encore ces lascars qui te polluent les oreilles le matin avec leur shriiii shriiii qui est censé être de la musique.

Je ne suis pas une racaille, je suis un putain de petit parisien journalisto-photo-blogger, vois-tu. Tu es loin de te l’imaginer, et franchement ça me plaît bien comme ça. Truly Tours, ma tête bouge en rythme. Deux autres stations comme ça. Face à face, la supposée racaille affalée et la minette resserrée.

Et puis, la vieille SDF monte à son tour. Elle vend son guide des bons restos parisiens à moins de 10 euros. Entre nous deux, elle fait son annonce, cherche du regard. Personne ne bouge, yeux dans les iPhones, yeux dans le vide, mâchoire verrouillée. Moi, je cherche mon porte monnaie dans mon sac-à-dos, le trouve et le sors. Et là, tu tiques.

C’est quoi, ce truc.

kawaiii-melody-wallet-b-1

Bah quoi, c’est mon porte monnaie ultra kawaii en forme de tête de lapin rose, quoi. Déjà qu’il continue de faire de l’effet sur mes potes, je ne doute pas un instant que de le voir sorti de la main d’un supposé b-boy, ça fait grosse faille dans la (ta) Matrice. Je pioche des pièces et les donne à la dame, accompagnées d’une petite phrase et d’un sourire :

Toutes mes excuses madame, je n’ai pas assez pour vous acheter le magazine. Bonne journée !

La SDF me prend les pièces et me rend le sourire, puis s’éloigne vers l’autre bout du wagon. Toi, tu n’as pas bougé et là, tu es bouche bée. Tu ne t’en cache même pas face à moi. C’est quoi, cette racaille fringuée comme, comme une racaille quoi, mais avec un porte monnaie style Hello Kitty et doux comme un agneau avec la vieille SDF ? Ca ne turbine pas encore dans ta tête car là, tu ne fais pas le lien. D’un point de vue cognitif, ya coup de trafalgar. D’un autre côté, comment deviner que je me tiens depuis quelques temps à un code de respect envers les SDF ?

Toujours jambes serrées mais avec les doigts qui se frottent désormais nerveusement, tu m’étudies, je suis ton Sudoku, ton occupation de trajet vers le boulot du jour. Je me suis ré-affalé, j’ai toujours cette pose très classe du mec jambes trop écartées, mon sifflet de Hip-Hop transpire toujours de me écouteurs et mes fringues sont toujours taillées 3 tailles au dessus. Merde il va au sport ? Nan, pas possible, son sac-à-dos est vide, il n’a pas d’affaires de rechange. Il a fait un déménagement ? Niet, on est jeudi matin, et il a l’air de tenir à ses grosses fringues…
Tu simules des cas crédibles, des profils pendant que je matte dans le reflet de la vitre ton visage songeur et ton front qui trahit le début du turbinage mental. Séquence Profiling comme sur France 2, bonne chance mademoiselle.

J’augmente encore le son, me nettoie ouvertement une dent avec la langue, que c’est classe, tu luttes grave pour me cerner. Et puis j’ouvre mon sac à dos, en sors mon Kindle DX, me redresse d’un coup et lis avec application mes posts de Daria Marx en retard. Derrière mon écran, je jette un coup d’oeil dans le reflet sur ma gauche et vois tes yeux plissés, ton buste carrément penché en avant. Tu veux un microscope ?

Mais il a sorti quoi, le mec ? C’est quoi ce truc ! Et en plus son voisin de strapontin est tout aussi curieux que moi. C’est un livre électronique, c’est comme ça alors ? Mais putain, c’est quoi ce mec ?

Juste un mec qui cultive ses cultures, sans compromis. Un mec qui ne cherche pas à fuire les cases mais qui marche juste un peu trop sur le bas-côté de tes autoroutes psycho-sociales bien tracées. Station Bastille, je range le Kindle, m’apprête à me lever et croise ton regard. Tu as repris ta pose initiale mais tu ne caches plus ton incrédulité face au mec sans forme et sans colonne vertébrale identitaire qui te fait face. Qui suis-je ? Un sans-abris excentrique, un homo en plein trip bad boy, un geek qui aime socialiser avec les SDF ? Un mec raffiné qui a fait son running ? Ouais, c’est ça, ça ne peut-être que ça. Bien joué monsieur, je suis tombée dans le piège. Bien sûr le running, je retiendrai la prochaine fois.

Je devine que tu as enfin posé une étiquette sur mon cas car ton visage se relâche : Te voici soulagée, ta vie est restée en ordre, le métro ce sont des profils, rien que des profils, pas besoin d’aller chercher midi à quatorze heure.

Alors, je te regarde et, rassemblant lentement mes jambes pour me lever et quitter le wagon, je déclenche un énoooorme reniflement.
Du genre bien bruyant, consistant et senti, bouche ouverte. Yerk approval. Puis je me lève et me casse de la rame avec un dernier regard sur ton visage, re-figé. Ce geste tellement vulgaire, c’était l’ultime et fatal contre-pied à ta certitude. Tu es perdue, j’ai donc gagné.

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(nb : suite à certaines de vos réactions, je précise : j’étais tout seul à fond dans ma tête, d’où le ton super poseur one-again. J’adore me faire ces trips dans le métro. Et mademoiselle, je t’ai bataille-de-regard owned, stout !)

Tiens aujourd’hui c’est la Journée Internationale des Femmes et dans mon élan de vendredi avec le sticker P.S.G, je tiens à rendre hommage à vous, les femmes :

Votre beauté, votre volonté, votre intelligence et bien sûr, votre immense sens de l’autodérision.

(sinon, je suis mort.)

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