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Archive pour April 2012

Hier soir, elle est enfin rentrée après 3 semaines d’absence. Nous avons discuté, savoir ce qu’il en était de notre couple, celui qui est en crise.

Vous savez, malgré l’envie, je ne vous ai que peu parlé de mon couple ici, pour plein de raisons. Pour elle, par exemple. Mais je trouve l’histoire vraiment jolie et je crois que c’est le moment, alors je me lance.

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Ma chérie s’appelle Justine et je l’ai rencontrée… En 1995 en fait. Nous étions au même lycée Guillaume Budé de Limeil Brévannes, Val de Marne. Elle débarquait en seconde, j’étais en première. Nous étions tout un groupe à jouer au volley pour les sections du club du lycée. Je ne l’avais jamais remarquée. Un jour, mon pote Grégory Olczyk vient me voir :

“Tu vois les deux filles là-bas ?”

“- Oui et ?”

“- Tu en penses quoi de celle qui est châtain ?”

“- Je sais pas, pourquoi ?”

“- Parce que sa copine me dit qu’elle m’aime bien, je ne sais pas trop moi.”

Non, elle n’avait pas flashé sur moi. Au lycée, c’est Greg qui les attirait toutes. J’ai été voir la fille de plus près. Hey, elle est du volley. Elle avait un visage doux, mais singulier. Bon, ok, je suis rentré chez moi.

Je n’ai pas dormi de la nuit. Elle avait un truc dingue. Le lendemain :

“Greg, il faut que tu sortes avec elle, elle déchire, je le sens, elle déchire. Si tu le fais pas, je lui demanderai direct.”

Il ne s’est jamais décidé et moi, je n’ai pas bougé. Nous avons joué au volley durant de longs mois, avant que je n’apprenne qu’elle avait finalement le béguin pour moi et ce, depuis quelques temps. Ce fût la plus grande joie de ma vie, à ce moment de ma vie.

Nous sommes sorti ensemble durant 5 courtes semaines, qui m’ont paru des mois de bonheur. J’étais heureux et épanoui. Et puis, elle est partie en voyage scolaire en Italie. Devant le peu de nouvelles, j’ai dit à ma famille “je le sens pas“, je m’en rappelle encore, elle est revenue et j’ai su qu’elle ne m’aimait plus. Un beau terminal lui avait un peu tapé dans l’oeil, sans plus. Mais c’était juste assez pour qu’elle se rende compte qu’elle n’était pas si attachée que cela. J’étais fou amoureux d’elle. Nous nous sommes séparés dans le salon de Greg, pendant que tout le monde s’amusait dans le jardin.

Le premier grand Amour, couplé au premier grand chagrin d’Amour, ça fait mal. J’ai eu mal, ça m’a traumatisé, j’ai mis des années à m’en remettre, j’ai humilié des filles à cause de ça (je le comprends, maintenant), je me suis construit par rapport à ça. Je ne l’ai jamais vraiment oublié. Parce que dans mon monde d’ados assez compétitifs, avec le l’égo et de la séduction, elle se tenait juste hors des choses, des pressions. Elle était extraordinaire au sens propre du terme.

Nous nous sommes revus une fois, une nuit à discuter, avant qu’elle ne re-disparaisse pour de bon.

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Le temps a passé, j’ai connu une vie sentimentale, amoureuse, de belles choses se sont passées, des galères aussi, comme tout le monde. Certaines ont compté. L’une d’entre elles, particulièrement : Elé est la grande soeur de la meilleure amie de Justine. Oui, le monde est un peu trop petit. Nous étions attirés, puis proches sur plein de points, mais cela n’a jamais marché entre nous, d’un point de vue couple. Mais j’ai compris qu’il existait d’autres personnes, d’autres possibles dans la vie.
Et puis, histoire de rendre les choses encore plus rigolotes, elle et sa soeur restaient persuadées que Justine et moi reviendrions ensemble, tôt ou tard. Leur petit lobbying familial est devenu un running gag au fil des années.

Avant de devenir un piège. Un soir d’été 2008, Elé, m’emmène en voiture à une soirée Poker chez elle. En chemin : “Bon, Lâm, ce n’était vraiiiiment pas calculé, mais Justine est là.” Elle m’a sorti un sourire de sale gamin tout en accélérant, pendant que je martelais la vitre pour sortir. Et la soirée s’est bien passée, juste bien. Les choses étaient apaisées.
Comme par hasard, Justine m’a sorti sur un bad beat et nous avons ri. Elé : “Oh bah ya plus de métro, Ju, tu peux raccompagner Lâm en voiture ?” *sourire de sale gosse*. Nope. Je suis rentré par le premier RER et dans le wagon doucement ensoleillé, j’étais heureux : je ne ressentais plus rien pour elle. Nous avions suivi un chemin différent, 13 ans de vies propres, rien en commun. Et la fin de cette entité en moi, composée de fantasmes et de traumatismes.

J’étais serein, lorsque nous nous sommes promis de prendre un café, en potes. C’est arrivé, quelques semaines plus tard. C’était à la terrasse du Bidule, métro Faidherbe Chaligny. J’habitais la rue d’à côté, elle couvrait une manif’ qui se terminait à Nation. Ce café, il ne s’est arrêté que le lendemain. Une nuit encore à discuter, juste à discuter. Un réveil un peu gêné mais tendre. Elle sortait d’une grosse relation, j’étais en mode célibataire. Mais nous retombions l’un pour l’autre.

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Et nous avons craqué. Nous nous sommes finalement remis ensemble à l’Automne 2009. Mais nous avions peur, si indépendants, si désireux de ne pas assumer “la jolie histoire” qu’on allait nous observer. Les débuts ont été difficiles dans ma tête. J’avais l’impression d’avoir consommé et gâché quelque chose qui aurait dû rester de l’ordre du fantasme. Mais cela a rendu notre couple beaucoup plus fort que je ne l’aurais pensé, car tout n’est allé qu’en montant lentement.

Nous nous sommes apprivoisés petit à petit, pour vraiment apprécier et assumer toute avancée : partir en road trip, revoir les parents de chacun, faire des mariages, aménager ensemble. Et le plus fou pour moi : voir devant, ne pas penser à la fin, fermer les yeux, ne penser à rien d’autre qu’à en jouir. Des années merveilleuses, magnifiques et riches, j’en pleure devant mon écran. Et comme tous les couples qui durent, vient le temps, le quotidien, les défauts, les hauts et les bas.

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Un bas est arrivé. Un dur, sournois, qui l’a prise sans dire mot à la fin de l’année dernière. Elle s’est posé des questions sur nous, sur moi, sur notre évolution encore possible, sur mes défauts, mon style, le sien. Justine a été élevée dans un clan de femmes fortes, féministes, fusionnelles, comme une amazone. Elle en tire une force parfois effrayante et blessante. Un visage si doux et un caractère si dur. Elle est partie en Inde en Décembre, est revenue un peu absente et ce n’était pas le syndrôme classique.

A partir de là, ces 4 derniers mois ont été une épreuve injuste, insurmontable. Je la voyais près de moi, je la sentais loin. Je ne savais plus quoi faire face à son éloignement. J’ai multiplié les attentions, les ai totalement supprimées, je lui ai laissé du temps, j’ai voulu être là, prêt.

“Je ne sais plus si je t’aime“, me dit-elle calmement. Blam. Blam. Mon coeur a été broyé. Nous sommes en Mars. Je ne supporte pas la chose, la maladie de Basedow se déclare. Nous avions projeté de partir ensemble couvrir le festival Coachella, car elle trouve que nous fonctionnons tellement bien en voyage, hors de notre territoire, lorsque je lâche enfin mes écrans, le net, les autres. Les accréditations n’ont pas été accordées. Alors elle est partie 3 longues semaines en Scandinavie avec sa soeur. Elle me disait qu’elle avait besoin de faire le vide, d’être seule pour réfléchir. Moi j’avais besoin d’elle, de savoir, de me remettre, de savoir, de savoir. Je le sentais pas.

J’ai regardé mon plafond en pleurant le matin et le soir chaque jour de la première semaine. Mon traitement hormonal + ma sensibilité = Bridget Jones. J’ai écrit ce billet, une nuit où c’était insupportable. On s’est disputés par mail pour ça. J’ai acheté un billet d’avion pour Bali sur un coup de tête. Mais mon cardiologue m’a dit non. J’allais au bureau à reculons. J’ai reçu des soutiens tellement forts. J’ai attendu qu’elle revienne, parce que par mail, elle m’a dit qu’elle avait pris la décision dans sa tête. Et qu’elle revient rarement sur ses décisions. Je rentrai à la maison à reculons.

Elle est rentrée hier. Alors ? Pour repartir. Elle ne m’aime plus. Elle est désolée pour moi. Elle prépare déjà son départ, où elle va dormir, si nous devons garder contact, elle me laisse toutes nos choses en commun. Elle aime bien faire un tri, une purge dès qu’elle part. Tout va si vite.

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Je me suis préparé, endurci. Les deux semaines précédentes, je me suis habitué à cet appartement silencieux, à moins parler, à bruncher seul. J’ai voulu sortir un peu plus. Je suis parti en week end improvisé avec des potes. J’ai fait une soirée trop alcoolisé avec mes potes d’enfance, j’ai turbiné du cerveau, la colère, la passion. Et du coup, je lui ai demandé de parler, d’annoncer. J’allais encaisser.

Elle m’a tué, avec ses mots définitifs, pensés, justes. J’ai vu dans son regard le regard de la jeune fille de 15 ans qui m’avait brisé le coeur il y a 17 ans. Aucune envie de faire du mal, même si c’est le cas. Une sérénité dans la décision, pas de discussion, d’essai, de négociation possible. Elle avance droit, sans ralentir. J’avais tout blindé, mais tout s’est écroulé. Hier j’ai tellement pleuré, à en avoir des spasmes. Tout est fini. Elle ne dormira pas chez nous ce soir. Je l’ai attendu tellement longtemps, et j’ai l’impression que je n’ai même pas le temps ou l’occasion d’enterrer notre couple proprement. Faire “nos” choses une dernière fois, bien, parce que les autres fois, je ne savais pas que c’étaient les dernières fois.

Regarder une dernière fois “Human Planet” ensemble. Faire et manger un gâteau au yaourt une dernière fois, comparer les ramens et les gyozas, une dernière fois chez Higuma, une dernière fois chez Hokkaido. Débarquer un dernier Dimanche après-midi au Barber Shop chargés de mangas et comics, repartir ensemble loin pour l’ultime road trip photo, se dire “au revoir, c’était génial”, refaire une fois encore l’amour, se faire un signe à travers les carreaux en verre donnant de la douche à la chambre, étendre une dernière fois ces machines de linge qui prennent la moitié du salon, te sentir passer par-dessus moi endormi dans le lit le matin en allant prendre ta douche, une dernière fois, te regarder endormie une dernière fois sur notre canapé, préparer un dernier déguisement duo pour les soirées de Ben & Mel, culpabiliser une dernière fois de te voir plus active que moi, entendre une dernière fois ce toaster qui annonce tes tartines beurre miel, te caresser les pieds, t’engueuler gratuitement une première et une dernière fois.

Comment ça, ce n’est pas possible, ça ne sert à rien ? Mais je m’accroche à quoi alors ? A rien ? On est grands, on sait qu’il faut oublier ? Je sais qu’il faut oublier, mais là je peux pas. J’ai tout perdu au moment où on me l’a dit, j’étais pas prêt, je peux même pas faire le deuil de mon couple qu’elle en est partie, voilà. Elle a vécu la crise de notre couple et l’a résolue seule, dans sa tête. Moi, je n’ai eu aucune chance d’intervenir, de tenter.

Et moi, j’ai l’impression de n’avoir servi à rien, à part l’avoir couverte de tendresse du coup mal placée. J’ai l’impression d’être un gros con de mec qui est trop, mais pas assez, qui aurait dû voir les signes qu’il n’a pas vu, qui avait tous ces défauts pas importants, mais finalement si, qui se retrouve passif et benêt, incapable de sauver son couple à la première crise, parce qu’on lui raconte déjà le dénouement de quelque chose qui s’est passé sous le nez de son confort de mec de couple.

Mais pour un benêt, j’ai accessoirement la sensation d’être une jeune fille qui tombe en cloque quand son mec la quitte : Histoire de pousser le symbole jusqu’à l’absurde, je vais porter durant des mois la maladie de Basedow déclenchée par le stress de mon couple. Oui, une maladie d’Amour au sens propre du terme. Achievement, là.

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Et puis ce soir, elle m’attendait à la maison. On devait se croiser pour que je ne rentre pas dans un appartement vide et vidé, juste pour la voir un peu. Je sais, c’est pathétique, mais je m’accrochais à ça, même ça. Quelques minutes avec elle. Et puis, elle m’a regardé, et m’a avoué.

Elle a rencontré quelqu’un. En Inde. Qui l’a séduite et donc éclairé en elle tout ce qui n’allait plus chez nous. Elle s’est posé la question, n’a pas su me le dire. Je lui avais demandé hier, elle n’a pas eu les couilles de le dire et ce soir, elle veut le faire. Je lui fait tout déballer.

Ces 3 semaines en Scandinavie, tu es allée le voir ? Et il s’est passé quelque chose ? Et ça t’a confirmé tes doutes ?

“- Oui. Oui. Oui.”

Lorsque les choses sont devenues sérieuses entre nous, nous nous sommes promis d’arrêter si on ne s’aimait plus vraiment. Et je lui ai affirmé que l’infidélité était une notion que je pourrais gérer. Personne n’est 100% fidèle (je compte dans la tête), je n’ai pas toujours été fidèle. Là, je gère. Même si je sais que les prochaines semaines seront celles de la colère, de ces 4 mois en enfer basés sur un mensonge qui vont me revenir en plein tronche, présentement, je gère. Parce les choses n’ont pas changé. Comment peut-on en vouloir à quelqu’un qui tombe amoureux ? On ne contrôle pas ses sentiments, c’est triste, mais pas coupable.

Je ne lui en veux pas pour ça, même si cela m’arrache le cerveau de l’imaginer avec un autre. Je lui en veux d’avoir été petite, elle si droite et forte et pleine de valeurs dans notre couple. D’avoir fui son couple qui se délitait et son mec qui s’effondrait. D’avoir su que son mec allait se torturer la tête et se culpabiliser pour les mauvaises raisons. De le voir aujourd’hui malingre et faible et qui se déteste.

Et si elle en aime un autre, c’est que je n’ai pas été assez fort pour qu’elle s’en foute.

Je ne lui en veux pas vraiment, parce qu’on ne commande pas les sentiments des gens et que, malgré sa dureté et sa lâcheté, elle est sincèrement désolée de me rendre triste, je vois son visage, ses gestes. Encore. Même si notre relation n’avait absolument rien à voir avec celle de notre adolescence, le sentiment de revivre la même chose qu’il y a 17 ans et de ne pas avancer d’un iota dans ma vie est si énorme qu’il est inévitable, en pleine poire.

Elle, elle avance dans sa vie. Elle a changé, elle s’est épanouie, elle est encore plus belle qu’il y a 17 ans, qu’il y a bientôt 4 ans. Son visage est magnifique. Elle évolue et ce couple n’a été qu’une étape, c’est comme ça. On a beau me dire “oublie, avance maintenant”, c’est impossible. Je ne vois qu’elle partout, mes yeux en foutent partout, je vois la partir, sans haine, triste pour moi, mais enfin sereine avec elle-même. J’appartiens déjà tellement à son passé, la violence d’être balayé doucement sur le chemin.

Il y a 3 ans, nous sommes partis ensemble pour notre premier road trip dans l’Ouest américain, celui qui a vraiment lancé notre couple. J’en ai ramené une série de photos dont certains d’entre vous se rappellent. Elle s’appelle “The Trail“.

Ce matin, seul dans le salon, je l’ai repassée sur la télé, en grand. Et j’ai compris et j’ai éclaté en sanglot : Aujourd’hui, cette série éclaire tout. Aussi fort que je m’acharne, que j’essaye, à 16 ou 30 ans, “Justine & Lâm” n’est pas un couple qui peut durer, il souffrera tôt ou tard d’un décalage :

Ce sera toujours elle, qui avance. Et derrière, moi.

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Impossible de dormir, donc :

Une de mes grandes théories dans la vie, c’est que le Japon, après avoir digéré toute la culture occidentale dans les années 70-80, est devenu son avant-garde et nous regurgite les grandes tendances à venir. Si vous avez un des premiers numéros de Standard, je développe la chose. Sinon, nous en parlerons plus tard, autour d’un verre.

Les japonais, donc. Et la Photo.

J’ai grandi dans une culture où le japonais était défini comme un touriste coincé qui mitraillait tout ce qu’il voyait, non stop avec son appareil photo. Et faisait des petits signes de la main, genre les doigts de la victoire. Ah, que ma société, ma civilisation se moquait d’eux au XXe siècle.

Et puis, voilà le XXie siècle, celui de l’explosion de l’image. En 2011, il a été pris autant de photos que de la naissance de la photographie à 2011. Yep.

Et je vois tous mes amis, collègues, des inconnus, tout le monde shooter à tout va, non-stop. Leurs pieds, leur repas, leurs gadget, leurs reflets, leurs écran, leur looks, leurs achats, leurs bébés, leur visage, surtout. Avec plein de symboles “coeur”, “victoire”, “wesh”, formés par les mains. Sans oublier le Duck Face.

Evidemment, les conditions ont changé et le partage numérique de notre siècle a changé la donne. Mais je trouve cela amusant – et un peu amer – de voir que toute une époque, avant  se moquait de ces touristes nippons. Eux qui photographiaient avec le sentiment d’excitation et d’urgence ce qui était sûrement leurs uniques vacances en France. Quand les gens d’aujourd’hui mitraillent surtout leur quotidien, qui est devenu en général le centre d’intérêt de notre époque.

Je ne jette la pierre à personne, étant moi-même un photographe compulsif. J’étais juste d’accord avec l’approche des touristes nippons : tant de moment, tant d’opportunités de les immortaliser. Ils avaient raison et aujourd’hui, le monde shoote autant qu’eux.

Je vous laisse avec l’une des nouvelles tendances de la photo : le Cinemagraph, dont voici le mien produit sur l’Instagram du genre, Kinotopic.

Twitter cache bien son jeu : sous couvert de nous limiter à 140 signes, il favorise à écrire assez naturellement et donc, beaucoup. Et si l’on additionne tous ces brins de pensées, la masse de signes produits se révèle assez énorme.

La preuve avec le site All My Tweets, qui récupère vos 3200 derniers écrits (Twitter limitant les archives accessibles à ce nombre).
J’ai récupéré les miens et demandé à Julien de les formatter en un seul et unique bloc de texte de cette masse de :

- 3211 tweets exactement
- environ 11 mois d’activité sur le réseau
- 296626 signes pour 52493 mots (ou environ 200 feuillets pour le journaliste que je suis)
- beaucoup le liens (raccourcis) internet qui faussent un peu le calcul d’effort d’écriture

L’archive, qui représente un gros tier de mes tweets, se trouve sur cette page (sinon la longueur fait sauter mon flux RSS)

Je n’ose imaginer la taille d’un bloc de contenu issu de mes quelques 10800 tweets, ou de certaines timelines dépassant allègrement les 60000, 70000 interventions…

Cette masse quantitative, fragmentée et continue montre bien que le débat ne se situe plus autour du fait que nous écrivons plus (+) ou n’écrivons plus (-) au sens traditionnel du terme, mais que l’écriture n’a jamais tant incarné l’oral. Et que nous sommes toujours de grandes gueules.

(merci de tous vos messages)

(parlons de quelque chose d’heureux).

Le Street Club.

C’est à la base des soirées Street Fighter que j’organisai chez moi avec des potes et des inconnus motivés pour respecter l’épuisant code d’honneur :

- On mange mal

- On parle mal

- On joue sale (3e règle arrivée naturellement après deux heures de dose)

Le Street Club s’est mué avec le temps en un énorme groupe de gamers grandes gueules, des amis soudés et je suis passé de fondateur à membre actif. C’est toujours chouette de voir une entité t’échapper et devenir plus grosse que toi.

Mais trêves de nostalgie. Depuis 3 ans, James filme les soirées. Et ne fait rien de ses rushes. A tel point que le film du Street Club est devenu une arlésienne et – vous vous en doutez – un féroce sujet de vannes. Sauf que le film est sorti.

Je viens de le matter en riant très fort, avec parfois des yeux un peu humides.

Je vous préviens, il y a un côté “film entre potes que si tu n’en n’es pas tu peux pas comprendre”. C’est aussi la plus longue vidéo de Street Fighter qui en plus, ne montre presque pas le jeu, mais que les joueurs.
Normal, vous ne découvrirez pas les top players mondiaux, mais bien la passion de gamers lambdas, du sac au potentiel top FR, qui aiment autant taper que vanner.

Enjoy :

Actuellement, mon coeur bat si fort qu’il fait résonner tout mon corps et m’empêche de dormir.

Comme une enième alarme pour vous partager ce qu’il m’arrive depuis un mois et demi.

Dimanche dernier, je me suis décidé, cliqué sur un billet pour Bali. 10 jours, départ ce matin, aucune préparation, un sac à dos pour seul bagage. J’ai décidé de partir car depuis quelques temps, mon corps me lâche : migraines, courbatures, insomnies, fatigue, perte de 3 kilos,  tremblements incontrôlés et surtout, un cœur qui bat aussi vite qu’il bat fort. Tout le temps.

Moi qui suis sportif, ne fume pas, boit peu, ne me drogue pas et mange bien, c’est une première. Une volée d’escalier et me voici à bout de souffle. 100 mètres de marche du métro au boulot et je me tiens la poitrine. Et parfois même sans raison, me voici essoufflé.

Grosse frustration pour ma médecin de maman, j’ai toujours été du genre à encaisser les maladies et douleurs sana vraiment agir. En demie-auto-dérision, je dis souvent “t’inquiètes pas, je vais contracter fort les muscles et tout ira mieux”. Sauf que là, non.

Ma mère s’y est mise, un labo d’analyses s’y est mis, une cardiologue s’y est mise, un autre labo s’y est mis, une seconde cardiologue s’y est mise. Histoire de comprendre pourquoi mon coeur bat en 90 et 110 pulsations par minutes et ce, “au repos”. Et qu’il bat si fort que je ne peux plus dormir sur le côté comme d’habitude, mes oreilles sentant la vibration que le coeur transmet à mon lit.

Les raisons avancées au départ, elle tiennent toujours aujourd’hui : je fais un bon gros burn out des familles, à force d’empiler projets, travail et activités personnelles. J’ai été sous grosse pression en début d’année pour Lense. Le happy end est arrivé, mais cela m’a laissé des traces. Et puis, comme certains d’entre vous s’en sont doutés, mon couple traverse une crise.

Je ne vais pas entrer dans les détails (pour elle, pour nous), mais disons qu’elle m’aime moins, tout bêtement. Cela me dévaste de tristesse. Je pleure beaucoup, souvent seul, parfois devant elle, je regarde le plafond en essayant de péniblement me réveiller, en essayant de péniblement me coucher. Elle est en voyage, là, pour 3 semaines avec sa soeur. Je suis seul chez nous avec mon cœur meurtri à tous les sens du terme.

Si le stress professionnel et personnel entraînent une somatisation, je ne comprends cependant pas les symptômes observés. Généralement, la pression ou la colère me compressent la cage thoracique, me démangent les molaires (si si), me font un peu trembler. Ma tachycardie continue est ici une première.

Avant-hier, Lise, ma seconde cardiologue a trouvé. Après m’avoir vu une première fois, pratiqué un électro-cardiogramme, froncé les sourcils, lancé un second  électro-cardiogramme, elle m’a renvoyé vers un labo pour un second bilan sanguin avec différents tests. Puis m’a prescrit un Xanax, le médicament que je croyais que les MILFs américaines se droguaient avec. Et je suis retourné la voir, un peu étourdi.

Pendant que j’étais couché avec plein de pinces et de ventouses mesurant mon corps, elle était au téléphone avec le labo, venait me voir, repartait, revenait, lançait un nouveau test, rajoutait du gel à échographie sur mon cœur. Puis m’a dit de me rhabiller et de venir à son bureau. Elle – et donc je – a rapidement tué le suspense pour me rassurer.

Je ne vais pas mourir d’une crise cardiaque, en voilà une nouvelle qu’elle est bonne. En fait, mon corps et mon cœur sont déréglés par ma thyroïde, gonflée et produisant trop d’hormones. Je fais une hyperthyroïdie, selon l’appellation officielle.

“C’est grave docteur ?”

“Dans votre cas, cela semble aller, il faudra retourner demain en radiologie pour analyser votre thyroïde et retourner en laboratoire pour un nouveau bilan sanguin qui permettra d’analyser votre TSH, FT3 et FT4.”

“Donc c’est un syndrome connu ?”

“Oui et d’ailleurs, c’est étrange, il est surtout répandu chez les jeunes filles assez émotives !”

Nous avons bien ri (vous aussi, j’espère, c’était l’instant léger de ce post). J’ai moins ri lorsque, au téléphone avec un collègue endocrinologue, elle m’a confirmé qu’il fallait que j’annule mon voyage à Bali.

“Votre traitement sera “chiant”, pour dire les choses honnêtement. Le traitement d’une hyperthyroïdie est long et ce, juste pour trouver le bon dosage, il existe de plus des effets secondaires, vous devez subir un check au minimum toutes les semaines et…”

“Et ?”

“Et bien, votre électro-cardiogramme est vraiment étrange. Pour tout vous dire, il ressemble à celui d’un infarctus.”

Je suis devenu encore plus pâle, malgré les mots rassurants de ma cardiologue : mon diagnostique ne signifie pas forcément que je risque un infarctus sous peu. Ce matin, la radiologue m’a également rassuré, je n’ai pas de nodules qui auraient compliqué l’état de ma thyroïde et ma guérison. Ma mère, qui me prodigue moult séances d’acupuncture et d’hypnose, se veut également positive. Après des semaines de discrétion, j’ai commencé à en parler à mes proches, et maintenant vous, cela me soulage.

Et ça me soulage aussi de poser un nom sur la maladie me fait poser genou à terre. Même si la guérison et le traitement prendront des mois, même si je croule sous les cachets aux effets secondaires plus ou moins désirables, même si je ne peux plus partir hors de portée de mon futur endocrinologue plus de 6 jours, même si je déteste me voir physiquement en ruine, j’ai l’impression de donner la petite impulsion depuis le fond que je viens de toucher.

Reste maintenant l’autre mal qui me ronge mentalement et physiquement, celui qui échappe à toute radio et prise de sang : je suis seul chez moi, loin de ses yeux, loin de son coeur. Toute ma volonté et toute la science restent impuissants face à cette autre souffrance du coeur.

update : merci, merci, merci.

update 2 : j’en ai pour 18 mois à 2 ans de traitement, avec une prise de sang toutes les semaines les deux premiers mois. MAIS, mon médicament s’appelle PropranoLOL.

Le webcomic Poorly Drawn Lines m’a fait rire, même s’il se trompe :

Il en effet tout à fait possible d’endosser ces 4 carrières ET leurs 4 vérités. J’en suis la preuve (fatiguée mais) vivante.