archives

Archive pour September 2012

Ma grand-mère est morte et la seule personne pour qui je pleure, c’est mon père.

Parce que les histoires de famille sont celles qui peuvent déchirer ou séparer.

Parce que devenir adulte, ce n’est pas juste tuer le père, c’est aussi vouloir le protéger.

Je suis une personne qui a construit ses relations et ses constructions familiales de manière très méthodique, raisonnée, pragmatique. Parce que le sac de noeud qu’est une famille – amour, chair, raison, morale – m’a toujours effrayé. Une famille est une entité si forte dans son symbole et si chaotique dans ses empilements de faits, de liens, de névroses, de pathos, de souvenirs, que je l’ai toujours repoussée du bras, pour pouvoir garder un recul, une maîtrise. Sinon, je m’y noie.

Je suis très fort et très froid envers ma famille proche et ma famille étendue. Ma famille étendue, j’ai grandi sans depuis des années. Ma famille proche, je l’aime sincèrement car je l’ai dépiautée, analysée. Je veux aimer mes proches par raison et non par tradition. J’espère qu’un jour, mes parents, mes frères et soeurs, mes enfants ne m’en voudront pas. Et que nous nous parlerons encore.

En attendant l’enterrement, je pense fort à mes oncles, ma tante. Mon père. Je pense à leurs reflexions, leurs regrets, leurs douleurs, leurs trop plein de choses à dire. Je pense que la famille n’est pas notre premier cercle social, notre valeur refuge, notre ciment de base : La famille est une entité viscérale et incontrôlable, qui ne vous propose qu’un choix simple et non négociable : l’aimer ou la quitter.

Ce soir, je pense à ma famille, ses membres, leur choix.

Et j’embrasse mon père et sa défunte mère.

Am-ex

14 Sep 2012 à 15:13 94 commentaires

Chers amis de mon ex,

Vous qui suivez/lisez/tombez sur ce blog, ma page Facebook et autres comptes – et qui lui reportez mes propos la concernant. En vrac :

 

- Je ne vous en veux pas du tout, c’est normal d’agir/réagir ainsi

- Je raconte depuis des années ma vie sur le net : passée, présente, future. Mon ex en fait partie, désormais malgré elle

- Mes posts et statuts concernant mon ex représentent un ratio d’environ 1 sur… plein, dans mes publications

- Vous savez comme je sais que si je voulais systématiquement tout raconter cette rupture et surtout ses modalités, il y aurait beaucoup plus de publications

- Et beaucoup plus de publications beaucoup plus développées. Genre, potentiellement avec des tableaux Excel.

 

Mon ex, qui s’est plaint aujourd’hui du fait que j’ai étalé récemment un détail de notre rupture, sous couvert de “règlement de compte” ou de “vengeance” devrait donc se calmer (pour dire les choses poliment).

Et vous, chez amis de mon ex, je comprends que vous vous reteniez de réagir ici ou sur Facebook, tout en la tenant au courant de contenus qui pourraient la concerner.

Sachez bien que ma vie tend à tourner autour d’autres choses qu’elle. J’y travaille quelque chose comme chaque jour, l’objectif “zéro posts/statuts sur mon ex” se trouvant assez haut dans ma to-do list. C’est juste que parfois, elle ne me laisse pas le choix – sinon je tape des murs et j’écrase des écureuils. Ce sont les écureuils (et les murs), ou elle.

Je vous salue et encore une fois, je vous assure qu’il n’y aucune mesquinerie ou second degré dans ce post. Juste de l’honnêteté – et pas mal de contenance.

Prenez soin de vous,

 

L’ex de votre amie

Sortie de cocon

3 Sep 2012 à 21:51 25 commentaires

Il y a cinq mois, j’arrêtais le volley, par un apparent manque de forme

Il y a quatre mois, on me diagnostiquait ma maladie et je perdais un peu plus de 5 kilos

Il y a deux mois, je reprenais le sport (ceux auxquels j’avais droit).

Il y a un mois, je suis revenu à mon poids d’origine, avant de stagner à +1 kilo

Ce soir, j’ai repris le volley.

Ma vie personnelle reprend forme, sur le plan physique. Sur le plan moral et sentimental, je suis aussi en rémission.

J’ai rencontré une fille et je vous en ai un peu parlé : Miss lasagnes. Même si elle compose avec ma pudeur et mes blocages encore présents, même si elle m’a connu avec une gueule émaciée et le corps malingre, elle est là. C’est vraiment très touchant, surtout qu’elle si je sais qu’à la base, je ne cherche personne. L’expérience AdopteUnMec a d’ailleurs tourné cours : j’ai répondu aux mails, j’ai discuté avec des filles très chouettes et puis je n’ai plus lancé l’application depuis des semaines. Pas envoyé un seul charme, comme ils disent.

Ce n’est pas seulement car je vois une personne pour laquelle j’ai des sentiments. C’est aussi que je suis dans un état où l’amour, le sexe et la séduction ne sont pas une obsession. Je pensais que redevenir célibataire pour un bout de temps allait poser ces enjeux au centre de ma vie. C’est ce que pensent tous les mecs maqués.

Mais ceci n’est qu’une composante de reconstruction. Avec la santé, l’argent, les copains, l’épanouissement personnel. Je me suis fixé des objectifs clairs pour ces points là : atteindre tel poids, gagner tant dans tant de temps, faire ceci.

En amour, je me sens parfois un peu perdu. Je souris dès que je la vois, dès qu’elle me prend dans ses bras. Mais je sais aussi que de côté là, j’émerge encore. Pas pour aller voir ailleurs. Pas pour regarder en arrière (ça m’arrive encore, lorsque mon esprit se perd). Non, j’ai juste besoin de regarder dans le vide, sans direction ni origine. Ca me détend, j’en ai besoin. Comme une personne nouvelle sortant d’un cocon, encore prise dans un voile et du liquide amniotique. Encore un peu aveuglée par sa nouvelle vie.

Impatient pour le reste, je vais prendre le temps d’éclore, de ce côté-là