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Archive pour February 2013

 

Ah oui, Kanye West. Hier soir au Zenith, concert presque surprise, dans la lignée de sa tournée entamée il y a quelques semaines à Atlantic City. Pas de nouveaux morceaux, mais du Kanye pur jus : créatif, décevant, épique, ridicule. Ce qui rend l’artiste certainement unique et si polémique dans nos coeurs.

On retourne aux photos.

Notes dans le désordre :

- On nous a demandé de venir à 19h30. Le concert a commencé à 21h30.

- La scénographie est un bon symbole de la créativité de West. Scène inclinée, 7 écrans, déco minimaliste, peu ou pas de spots, parfois un peu de neige qui tombe. Sans oublier le stylisme, fou.

- La scénographie est un bon symbole de l’égo de West : aucun groupe, aucun featuring, deux musiciens déguisés en ninjas blancs pour se fondre dans le décor. Le bonhomme veut être seul sur scène, l’unique point d’attention. Les images de nature en boucle confirment la sensation : jolies, elles semblent surtout choisies pour ne pas trop détourner l’attention. Le même système que les clips de karaoké.

- Rester aux avant-postes de la fosse (aka 3, 4 mètres de l’artiste), c’est sport, c’est sueur.

- J’ai pris les photos avec le Samsung Galaxy Camera, mon Sony NEX-7 s’étant fait griller par la sécurité de l’entrée.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je publie en noir et blanc : les couleurs crachent pas mal.
L’autre raison, c’est que ce noir et blanc se marie bien avec l’atmosphère du concert.
La raison bonus, c’est que cela me fait penser à mes photos du showcase Jay-Z / Eminem.

- En musique, le rock a ses solos de guitare, la pop a ses couplets Rap, Kanye West a ses moments Kanye West. Comprendre, l’artiste ne démord pas de son habitude de couper ses chansons avec des monologues et freestyles de six, dix minutes. Parfois lourd, parfois gracieux.

- Cette tenue blanche  - camisole + Nike Air Force Mid’, quelle classe.

- Ces ingés ninjas blancs, quel lol.

- “I’m Picasso, I’m Basquiat, I’m Steve Jobs.

- Puis, “It’s hard to be a motherfucking asshole.

- Oui, il nous refait encore le cou du “stopstopstop, c’est naze, on recommence.”

- Le concert était étrange, avec de vrais temps morts, pas de folie, mais de la singularité. L’antithèse de Watch The Throne, d’une certaine manière.

- Ses deux masques sont évidemment géniaux. On dirait du Cosplay tiré de l’univers mental de l’artiste. Entre le masque Femto des neiges et le fameux masque Diamant de Margiela, on se régale visuellement et mince, M. West ne sue même pas dedans. Il ne pue que la classe.

Viendra la séquence la plus tragi-comique de ce concert : parti pour faire son rappel sur “Gold Digger“, comme pour Londres, West est rattrapé par le public français. Oui, ils veulent “Niggas in Paris”, l’instant classic hypnotique devenu culte sur la tournée Watch The Throne (voir mes photos sur ce post), encore plus à Paris.

Evidemment que Kanye ne l’a pas prévue dans sa tracklist ultra lockée. Bien sûr, qu’il ne va pas l’interpréter sans Jay-Z. Bien sûr que ce soir, ce sont ses hits, pas ceux partagés avec d’autres. Et pourtant, il s’arrête avant de quitter la scène. Se retourne vers nous, l’air sincèrement interloqué. Moment de flottement. Les “Niggas ! In ! Paris !” redoublent. Le public, mi-troll, mi-optimiste, veut y croire.

Kanye sourit, la foule exulte. Et puis, il lâche qu’il aura de nouvelles choses pour dans quelques mois. Déception, c’est mort pour le rab’. Mais il ne quitte pas la scène, les français ne lâchent pas : “NIGGAS IN PARIS !“.

West semble perdu au fond de sa scène inclinée. Puis soudain, au milieu des vivats, il lève les bras, son visage dit “lol, no”, et il se casse, sans un mot et sous les sifflets. On ne joue pas au plus troll avec Kanye.

 

Bonus : une amie ayant accès au backstage m’a live smsé sa traque de Kanye dans les loges. Elle l’a trouvé… En train de jouer à Puissance 4. Véridique. (update : c’est une vieille habitude, merci pour vos précisions)

+ Photos du concert “Watch The Throne”

+ Photos du Showcase Jay-Z / Eminem

 

Fail de la nouvelle console Sony, fail de la nouvelle couv’ Haarper… Désolé, je n’ai pas pu m’en empêcher.

Entre les stars qui deviennent chaque jour un peu plus lisses et un média qui fantasme chaque jour un peu plus sur les rides, la croisée des chemins s’appelle Uncanny Valley.

On y rit beaucoup – et on frissonne un peu.

+ Ma chronique sur le sujet

 

 

J’ai arrêté d’être un journaliste jeu vidéo l’année dernière, après plus de 13 ans de bons et loyaux services.

Plusieurs raisons liées à mon employeur (Technikart), mais surtout parce qu’après des années, je me suis rendu compte que je n’avais plus rien d’intéressant à raconter. Le jeu vidéo en tant qu’industrie, en tant qu’histoire humaine, en tant qu’art, semble déjà tourner en rond.

Oh, vous pourrez bien sûr me citer des exceptions, des créateurs fous, des jeux frais, des business models novateurs. Mais à la fin, cela reste globalement une industrie d’anonymes, de Technologie qui prime, de recettes incrémentales. J’exagère le propos, mais je le pense.

Lorsque je regarde la présentation de la PlayStation 4 de cette nuit, mais aussi lorsque je regarde Kojima, lorsque je regarde la présentation de la PlayStation 3, lorsque je regarde Activision, la Wii U, la 3DS, la Vita, les charts, les exactes mêmes phrases chocs à chaque nouvelle génération de consoles, pff. Cela ne me manque pas de ne plus les chroniquer. En tant que journaliste, on tourne autour du même modus operanti : bon ok, la version actuelle (de la console, du jeu) était au final une évolution, mais la prochaine version sera une révolution. Promis.”

Je n’aime plus l’industrie du jeu vidéo, mais j’aime toujours le jeu vidéo, que ce soit Temple Run, DotA ou Street Fighter, sans compter les bonnes surprises. Je prends du plaisir à jouer aux jeux vidéo, j’en reste un observateur averti et passionné. Mais j’ai grandi en pensant qu’il révolutionnerait tout. Le jeu vidéo s’est juste rangé bien sagement dans le jupes et les modèles des autres industries culturelles, reconnaissance et puissance des artistes en moins.

Le jeu vidéo devait être le nouveau rock’n roll, il est juste super amusant. Il faut faire le deuil de nos discours et de nos rêves : plus nous espérons du jeu vidéo et de ses acteurs, plus nous serons déçus. Fermons donc nos grandes gueules et contentons-nous de ce que nous avons en tant que consommateurs : une simple et bonne source d’amusement.

Arrêtons de rêver, recommençons à jouer.

Pouf pouf, voici la nouvelle émission de Studio 404 !

Je vous rappelle le principe : chaque mois, je traite de 4 sujets de société numérique en compagnie de 4 chroniqueurs, genre ceux-là :

Melissa Bounoua (journaliste web)
Fibre Tigre (mascotte de twitter)
Sylvain Paley (lulzer et strat planner)
Daz (expert Apple et expert hip hop)
- et notre réalisateur Ghislain Fontana (le seul hipster de France Bleu).

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Alors, pourquoi ces autoportraits en mode #canardvisage ? Eh bien pour se mettre bien sexy, en rapport avec la thématique spéciale de notre 5e émission : nous surfons ainsi crânement sur la Saint pour parler Sexe, Sexualité et numérique, le tout avec le ton que vous connaissez désormais : des avis bien tranchés et du partage de vécu.

Toute l’équipe s’est donc ouverte et se donne beaucoup sur les 4 sujets de cette thématique Sexualité numérique.

1. Le réalisme, l’ultime fantasme des enfants du porn, enfin, de Sylvain
2. Les réseaux sociaux, ces sites de rencontre du 3ème type où sévit Melissa
3. Le cybersexe, écrits et sentiments - ou comment Fibre Tigre donne du plaisir avec du verbe
4. Être en CDI sexuel dans un monde de freelances, parce que Daz est un homme maqué depuis 12 ans et un papa depuis quelques mois

Le tout agrémenté de F.A.Qs pas piquées des hannetons et pour les twittos, du #jeudiconfession.

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Vous pouvez désormais sensuellement appuyer sur le bouton “Play”
(ou vous abonner sur iTunes)
(ou nous télécharger sur SoundCloud)

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En espérant que vous prendrez autant de plaisir (insérez une blague grivoise) à écouter cette 5e émission de Studio 404 que nous avons pris notre pied (insérez une blague grivoise) à la préparer et l’enregistrer.
N’hésitez pas à nous faire part de vos retours et suggestions sur notre site officiel ou nos comptes FB / Twitter.

Des bises et des morsures dans le cou !

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Vous abonner au podcast Studio 404 sur iTunes

Ecouter / télécharger Studio 404 sur Sound Cloud

+ Studio 404 : le skyblog officiel, le Twitter et le Facebook

On se souhaite toujours plein de choses pour une nouvelle année.

Pour cette année du Serpent (d’Eau), j’ai personnellement une seule chose à vous souhaiter, celle que j’ai souhaité à la plupart des personnes avec qui j’échange ces derniers mois : prenez soin de vous. Ce n’est pas si facile, car cela demande de l’égoisme, du temps et une certaine discipline.

Des poutous mouillés et fourchus.

Creative marketing

11 Feb 2013 à 8:45 10 commentaires

Il y a quelques années, j’étais directeur créatif chez laFraise. Un job qui te demande de fourmiller d’idées et ensuite, vaille que vaille.

J’aimais bien le titre, juste, mais le trouvais un peu pompeux. C’était avant que “Community Manager” ne vienne voler la couronne de job un peu flou-à-boire-à-manger-à-mais-buzz-compliant.

Et “Community Manager”, c’était avant que le job “Creative Director” ne revienne with a vengeange, désormais incarné par des peoples qui cachetonnent.

La recette est vieille, puisque parfois logique, mais là… L’équation ?

Un people très populaire + une marque qui aimerait bien le redevenir = un communiqué de presse et un post très bullshit.

Apparemment, cela doit fonctionner, vu l’explosion des annonces chez Pôle Emploi :

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- Will.i.am + Intel = Director of Creative Innovation

- Lady Gaga + Polaroid = Creative Director

- Alicia Keys + Blackberry = Global Creative Director

- Marc Jacobs + Coca Cola Light = Creative Director

- Justin Timberlake + Bud Light Platinium = Creative Director

- Swiss Beatz + Reebok + Lotus = Vice President of Creative Director of Design and Marketing

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On appréciera la synergie totale entre les univers des artistes et des marques qui les engagent.

Ces marketing stunts plus fumeuses qu’un pneu dans “Fast & Furious” devraient en tout cas inspirer nos stars et entreprises nationales, la sortie du marasme et l’adoption des bébés sur Internet, c’est peut-être par là. Je propose :

Afida Turner, nommé totale directrice créative chez Larousse

- La Fouine, nommé directeur de la création jeunesse chez Gulli

- Gérald Dahan nommé directeur créatif chez Twitter France

- Frédéric Beigbeder nommé directeur créatif senior chez Archos

Il y a de quoi s’amuser, dans les cabinets (un brin créatifs) de recrutements.

Update : Alicia Keys a déjà dérapé en twittant… Depuis un iPhone… Avant d’invoquer la vieille excuse du hack. #creativefacepalm

Ces derniers temps, je suis moins présent sur les réseaux sociaux. Moins le temps, moins l’énergie.

La première réflexion qui me vient à l’esprit est : est-ce une opportunité ?

 

Car jusqu’ici,

- Nous sommes tous plus ou moins addicts au combo smartphone / notifications.

- Nous passons tous par des phases d’obsession / rejet avec Twitter & co.

- Nous avons tous culpabilisé de ne pas lire tout notre flux.

- Nous avons tous eu nos craquages “fuck those 1000+ unread items, *click “mark all as read*

 

Mais la plupart de ces hauts de ces bas étaient dictés par une relation assez obsessionnelle. Aujourd’hui, je suis moins dedans, toujours intéressé, mais moins passionné. Bon, je n’ai jamais joué le game du scoring (on me traite toujours de snob sur Twitter, Facebook et Instagram, à force de limiter les interactions et likes massifs), mais j’étais sincèrement obnubilé par ces sociétés mobiles. Il y a eu quelques déclics.

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Le premier, que mon ex m’a souvent mis sous le nez : avoir ce dernier plongé dans un smartphone est juste insultant pour l’autre. J’ai compris, je me suis calmé.

Le second, qu’Instagram a mis en valeur : le flux de ce réseau est limité. Au bout d’un certain nombre d’images, on ne peut plus remonter et le reste des archives est juste inaccessible. On accepte alors de ne pas tout voir. Et cela ne m’a pas trop dérangé.

 

- Aujourd’hui, je consulte Instagram environ une fois par jour, avec une chance sur deux de ne pas tout voir.

- Je consulte mon compte Twitter principal environ deux fois par jour, mais ce dernier est très peu peuplé.

- Je consulte mon compte public Facebook environ deux fois par jour, cela fonctionne très bien.

- Je consulte mon second compte Twitter de manière erratique : parfois toutes les 10 minutes, lorsque je suis à jour, parfois une fois tous les 3 jours, lorsque le décrochage du fil est trop violent et que j’ai encore moins envie de le rattraper.

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Cette disparition de passion m’a au départ inquiétée. Tous les junkies d’info dont je fais partie commencent à se gratter partout lorsque la possibilité d’un lol lien leur ayant échappé se manifeste. C’est cette pression, que je voulais faire disparaître, sans non plus me couper totalement. Je pense avoir trouvé un équilibre, entre veille / partage réguliers et moments d’absence ou de black out sur le flux d’info.

J’en reviens à mon hésitation : sortir la tête de l’eau des réseaux sociaux, est-ce aussi l’opportunité de se dégager complètement de la rivière ? J’ai l’impression que c’est le moment ou jamais. J’hésite, mais j’ai aussi très peur de m’embêter profondément, une fois au sec.

Et puis surtout : si j’accomplis l’exploit de plaquer toute existence sociale “virtuelle*”, à qui vais-je bien pouvoir le raconter ?

Je dis Win

1 Feb 2013 à 17:03 14 commentaires

Cette semaine, c’était un peu celle de la win :

- J’ai remporté le tournoi annuel de la Galette des Rois à mon Club de Volley, après avoir terminé dernier d’un tournoi précédent.

- Un de mes ex-employeurs va (peut-être) (enfin) me payer beaucoup de piges en retard.

- Mon projet d’émission de télé est sélectionné dans les 20 pré-finalistes du TV Lab de France 4 (Anne-Sophie Azzopardi, c’est moi aussi).

- J’ai retrouvé, après des mois de disparition, le chargeur de mon iPod Shuffle.

Je me demande encore quelle victoire me met le plus en joie.

is me !