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JAN

Les gens se foutent souvent de mon attitude sur les internets, jugée élitiste, snob, anti-game. Soit, j’assume.

Mais la raison essentielle de mon attitude provient de cette pression inhérente aux réseaux sociaux, celle de devoir agir et réagir. Vite et tout le temps. Cela me stresse et m’énerve, j’ai donc très simplement décidé de limiter mes interactions.

Quand je vois comme les choses viennent et vont vite, violemment ces derniers temps, je suis content de ne pas trop en être, de ce “game”. Tous les jours sur Facebook ou Twitter, je me demande quelle sera la demande de Justice, la Défense d’une Valeur, la curée, le coup de gueule, le clash qui va enflammer la sphère pendant une après-midi, parfois deux.

Et ce qui m’interpelle un peu beaucoup, c’est la raison de ces montées ultra ponctuelles et locales de fièvre : l’Ennui. Les gens ne se mobilisent pas, ne poussent pas de coup de gueule, ne s’abattent pas sur quelqu’un par pures convictions. Les convictions sont surtout une caution. Non, aujourd’hui on crie parce que c’est amusant, parce que l’on participe à quelque chose, parce que cela trompe, rythme notre journée de vraie Vie qui forcément, semble bien morne comparée à celle offerte par InternetLand.

Comment résister à une mise à mort de twittos raciste, quand on regarde son tableau excel du jour dans les yeux ? Comment ne pas chercher un bon mot sur un décès de star, quand on doit terminer un rapport ?

Tout comme le #slacktivisme fait bouger une chose sans en faire bouger d’autres, le régime de Colères et de Curées du net s’insurge souvent pour de bonnes causes, mais avec les mauvaises motivations. Si les gens voulaient vraiment se bouger, ils n’en resteraient pas à un tweet bien senti, ou une profile pic au poing levé.

Je plaide évidemment coupable dans certains cas, mais du haut de ma tour d’Ivoire de snobisme du réseau social, je suis heureux de ne pas à avoir à donner mon avis 1/systématiquement, 2/ sur tout (déjà que je le donne beaucoup, trop) et surtout 3/, de ne pas me ronger les ongles par crainte de disparaître, si je ne surnage pas dans la marée haute des réactions des autres, avec une réaction encore plus réactionnelle.

Si j’enfonce des portes ouvertes depuis quelques années maintenant, j’ai le sentiment que la tendance de Colère Ludique ne fait qu’enfler ces derniers temps. Et surtout, devient une norme comportementale en milieu connecté.

Il convient donc de parfois sortir sa pipe et sa robe de chambre en soie rouge, de s’asseoir dans un vieux rocking chair et de regarder depuis le perron de son petit compte élitiste tout ce “Beaucoup De Bruit Pour Rien”.

Embrassez votre ennui, snobez parfois Internet au lieu d’hurler à sa demande incessante.

22 commentaires sur ce post

  1. 01 dotsMarc 24.01.2014 à 13:11

    Je préférais quand tu tweetais en anglais, tu semblais tellement inaccessible <3

  2. 02 Lâm 24.01.2014 à 13:12

    J’ai dû faire des compromis pour mon target group, fin du “think global, act local” :’(

  3. 03 Waldoo 24.01.2014 à 13:17

    +1 Juste pour Storm et Malicia.

  4. 04 Daz 24.01.2014 à 13:23

    Je

  5. 05 Laurent 24.01.2014 à 14:03

    C’est l’age de la déconnexion, le slow-web.

  6. 06 Lâm 24.01.2014 à 14:49

    Tu

  7. 07 Murazaki 24.01.2014 à 15:14

    Il

  8. 08 Yamato 24.01.2014 à 15:38

    +1 Dotsmarc, et en plus, “40 following”, t’as changé :(

  9. 09 Jp 24.01.2014 à 15:55

    Nous

  10. 10 Baptiste 24.01.2014 à 16:27

    C’était mieux avant…

  11. 11 Jp 24.01.2014 à 16:37

    C’ets nouveau cette modération des commentaire ou c’est pour filtrer les Haterz?

  12. 12 Lâm 24.01.2014 à 16:41

    NOpe, je ne sais pas pourquoi mon ordinateur central te déteste aujourd’hui :D

  13. 13 Jp 24.01.2014 à 16:59

    Héritage de DK8 sans doute… je suis maudit…

  14. 14 Daz 24.01.2014 à 18:25

    Bon n’empêche, je ne jugerai pas la justification que je trouve totalement bullshitée pour m’intéresser à la méthode.

    Se priver de TOUTE interaction sur les réseaux sociaux (aka Twitter, parce que sur FB et Instafail, je te vois répondre régulièrement) au motif que sinon ça t’énerve, et que quand tu t’énerves, c’est pas jojo; ça me fait penser au cas conté par Sylvain Paley dans le dernier Studio 404 (très belle émission, très beau projet) qui faisait un parallèle avec les gens qui se privent de smartphone et ceux qui décident d’arrêter de fumer mais compensent par la bouffe et du coup prennent 50 kg.

    Pour résumer: c’est un peu tristoune, à plus forte raison quand on est très présent sur les-dits réseaux sociaux.

    Je suis ok avec toi pour ne pas céder à la facilité qui consiste à hurler avec la meute et passer en mode pogrom quand la majorité l’a décidé, et je ne vois pas trop à quel moment tu te dois de réagir sur tout. Parce qu’à ce tarif, autant se désinscrire de Twitter, le résultat sera le même, la frustration en moins.

  15. 15 Daz 24.01.2014 à 18:27

    (PS: ça m’avait manqué ces billets sur le sens de la vie et tout, welcome back)

  16. 16 Tel 24.01.2014 à 18:37

    C’est assez juste ce que tu écris, et j’en profite pour réagir à chaud, histoire d’être en plein dans le stéréotype que tu décris:

    J’ai même l’impression que les gens (j’en fais partit) vont se défouler sur les réseaux sociaux à propos de n’importe quoi (a thing), et ca fait du bien, la frustration est aussi vite arrivée qu’elle n’est repartie. J’ai posté mon indignation sur FB/Twitter j’ai eu 3 likes/retweet, et bien souvent c’est terminé. Quelque part on se sent comprit et moins seul. C’est une sorte de thérapie de groupe incessante.

    Souvent, cependant, il n’en reste pas moins un problème de fond. Si on est indigné/énervé contre quelque chose, c’est bien pour une raison précise. Le simple fait de le tweeter ou le partager ne résous pas le problème. Ce n’est qu’un shoot de morphine qui s’estompera tôt ou tard, en l’absence d’action préventive.

    Alors la question que je me pose c’est la suivante: dans quelle mesure les réseaux sociaux sont -ils un frein à notre volonté collective de faire changer les choses ? Comment faire pour (re)-mobiliser les gens autour d’une cause ?

    Est-ce que vous partagez cette analyse?

  17. 17 buz 25.01.2014 à 2:14

    +1 avec Daz, il y a quand meme un gouffre entre ne pas céder au clash et snober les reply de ses potes.

    Enfin chacun ses règles. Moi c’est sur Facebook, je ne fais aucune demande d’ami, ne partage aucun statut et ne “Like” jamais :D

  18. 18 James 26.01.2014 à 0:44

    Il veut juste avoir une belle timeline Twitter qui ressemble pas à un historique de chat.

  19. 19 Gabyu 26.01.2014 à 18:55

    Tu pourrais au moins essayer Jelly. Une app de Q&A qui ne se prend pas autant au sérieux (comparé à Quora), et cela pourra peut être assouvir ta soif de répondre.

  20. 20 An7hony 28.01.2014 à 18:07

    La vraie sagesse maintenant c’est d’apprendre à ne plus Twitter.

    Se detacher, partager des truc qui nous plaisent et ne donner aucune prise au reste.

  21. 21 Mademoiselle Catherine 30.01.2014 à 10:48

    J’ai l’impression qu’aujourd’hui, les outils liés aux internets ne sont plus considérés pour ce qu’ils sont : de simples outils, justement.
    Jamais la parole (parfois nauséabonde) n’a été autant libérée, car jamais cette parole n’a bénéficié d’autant de visibilité, alors forcément, certains ne se sentent plus. Mais – et c’est là que je suis sans doute terriblement naïve – j’ai l’espoir que finisse par se tasser…

    Dans tous les cas, Much Ado About Nothing, comme tu le dis si justement (moi aussi, je peux me la péter en anglais, d’abord !).

  22. 22 L'idZ 6.02.2014 à 23:21

    J’ai pas eu de compte Facebook pendant très longtemps. Et puis finalement si. Et là, je cherche bêtement un truc sur lequel cliquer pour signaler que j’ai lu, que ça m’a parlé, que ça m’a plu.
    Merde, avec le like, Facebook a anéanti en moi la dernière once d’argumentation qu’il me restait.

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