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Ça parle clairement de Chaos Théories

Les filles disent souvent “mais pourquoi je tombe toujours sur des cas sociaux losers ?

Les mecs disent souvent “mais pourquoi je me tape toujours des hystériques insécurisées ?

C’est peut-être parce que, lorsque, après la phase de séduction et de “mais tout est parfait, c’est dingue”, on prend confiance et on s’ouvre.

On se dévoile, on se met un peu plus à nu et on se montre tel qu’on est : cassés, avec des failles. Cas sociaux, hystériques. Filles et garçons, tout le monde, c’est comme ça qu’on est faits – imparfaits plus ou moins pétés.

Et que parfois face à ça, il est plus aisé de prendre la fuite, en emportant ses propres fêlures et laissant l’autre avec la responsabilité de l’échec.

En gros, mieux vont les choses et plus la relation est en danger. Bienheureux sont ceux qui arrivent à se montrer et à regarder l’autre, nus.

Et donc oui, vous avez de grandes chances de toujours tomber sur des losers et des hystériques, parce qu’ils sont comme vous.

Je referme les portes ouvertes que je viens d’enfoncer. Mais l’important, c’est de les voir, bonsoir.

Revenons sur ces deux choses :

Oui, notre émission de société numérique “404 Et Vous” est disponible et visible sur Youtube ! La lecture devrait donc ne poser aucun soucis pour la plupart d’entre vous :

Je vous rappelle le principe : je proposons aux chroniqueurs et au public des sujets de société numérique, qu’ils doivent traiter en 15 minutes, avant de nous les présenter – et d’en débattre avec les autres chroniqueurs et le reste du public.
On ‘est beaucoup amusés sur le plateau et j’espère que vous aimerez regarder cette première évolution de Studio 404 !

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J’avais écrit ce post sur les gens qui, avec Internet, se mettent à confondre Colère et Ennui. Le post était sincère, mais assez perfectible, notamment sur ma manière d’expliquer clairement mon point de vue.

Cela tombe bien, BetaBeat vient de publier un excellent article nommé “Outrage Porn : Pourquoi la nécessité d’une Indignation Continue engendre une Colère en toc” (je sue sur la traduction, ne me demandez pas pour la génial expression “Outrage Porn”).

Ou pourquoi le “cri au scandale” et autres coups de gueule rendent bien sur votre timeline, votre traffic et votre crédibilité. Mais vous dévorent de l’intérieur. C’est très vrai et forcément très triste de lire et de se reconnaître un peu, beaucoup ou à la folie dans cet article, notamment sur le point du “Shaming”.

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Et sinon, ce soir je dîne avec l’équipe de Studio 404 pour la prochaine émission et demain, je poste un coup de gueule sur ce même blog.

J’assume tout, é vou ?

La semaine dernière, je n’ai rien remarqué, sur mon feed facebook.

Et puis, à notre traditionnel déjeuner post-piscine, mes compagnons de natation en ont tous parlé.

“Tu as vu ? Elle a quitté Facebook ! C’est fou, non ?”

“- Ouais, au début, je pensais qu’elle m’avait supprimé de ses amis…”

“- Tu sais pourquoi elle a viré son Facebook ?”

“- Beh, non. Rien de grave, j’espère.”

“Elle”, est une copine que je vois rarement dans la vraie vie, mais que je vois quotidiennement sur le net et ses réseaux. A travers nos feeds, nos amis et nos soirées en commun, j’en suis venu à connaître sa vie, dans une certaine globalité permise par Facebook : famille, soirées, boulot, looks.

Etant assez populaire, ses photos étaient généralement très commentées et devenaient une sorte de lieu de rendez-vous où tous ces cercles de connaissance se mêlaient et se vannaient avec une familiarité assez unique.

Les jours passant, cette absence s’est faite de plus en plus sentir. J’ai revu des photos où nous étions présents, mais dont son nom avait été détaggé. Une sensation vraiment étrange, l’impression de regarder avec nostalgie une personne disparue.

Car son départ a crée un manque quantitatif (elle était très active), toute une part de mon activité Facebook. Des contenus en moins, des interactions en moins. Et un manque qualitatif aussi, puisque ce sont des moments potentiels de petits partages et de discussion qui s’envolent. Et l’on se rend compte à quel point ils font partie de notre rythme et de nos besoins nutritionnels quotidien de l’émotion et du moral.

On a souvent lu, théorisé, devisé et tenté la “vie sans Facebook”. Je l’ai personnellement longtemps considéré comme un passage obligé, à l’instar de Windows : qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on l’utilise, point.

Je me rends compte à quel point Facebook est important dans ma vie, avec ce départ. Je revois toutes ces photos, ces partages, ces moments épiques dans les commentaires. Je vois tous ces groupes et pages auxquels je participe, leur intérêt, les services qu’ils rendent.

Malgré mon utilisation beaucoup plus limitée, j’ai toujours pensé préférer Twitter et son esprit épuré et corrosif à l’usine à gaz discutable qu’est Facebook. Je me rends compte que j’aurai beaucoup plus de mal à me passer de ce dernier que de ma mine à liens et à bon mots qu’est Twitter.

Avant hier, j’ai écrit à cette copine, pour lui demander les raisons de son départ et juste pour lui dire à quel point nos vies sont toutes entremêlées sur Facebook. Un seul être vous manque et tout votre réseau semble dépeuplé. Elle m’a répondu de la plus simple des manières : elle passait juste trop de temps et avec trop de gens sur Facebook. Elle avait envie de passer ce temps autrement. Et elle a attaché une photo en pièce jointe. A l’ancienne.

Nous sommes tous d’accord avec ce raisonnement. Mais combien d’entre nous pourrions réellement quitter Facebook ? Supprimer les centaines de photos et status partagées (ça, c’est le pire pour moi) ? Ne plus avoir accès à celles des autres ? Etre le relou qui demande à être averti des soirées par mail, parce qu’il ne voit pas les évènements, les anniversaires ? Louper une image lol, un coup de gueule ?

La timeline de Facebook est une très belle invention de la part de Zuckerberg. En créant le journal d’une vie, ce réseau ressemble à un immense projet que l’on nourrit chaque jour, projet qui se mêle à celui des autres. Le tuer relève d’une amputation vraiment trop violente.

Elle est partie de Facebook. Simplement ? Après de longs débats en interne ? La chose est qu’elle l’a fait. Et qu’elle nous a tous laissé un petit vide, à nous ses “friends”, qui resteront encore longtemps pour les bonnes et les mauvaises raisons.

Like si t’es d’accord,
Commente si t’es anti-raciste

Les gens se foutent souvent de mon attitude sur les internets, jugée élitiste, snob, anti-game. Soit, j’assume.

Mais la raison essentielle de mon attitude provient de cette pression inhérente aux réseaux sociaux, celle de devoir agir et réagir. Vite et tout le temps. Cela me stresse et m’énerve, j’ai donc très simplement décidé de limiter mes interactions.

Quand je vois comme les choses viennent et vont vite, violemment ces derniers temps, je suis content de ne pas trop en être, de ce “game”. Tous les jours sur Facebook ou Twitter, je me demande quelle sera la demande de Justice, la Défense d’une Valeur, la curée, le coup de gueule, le clash qui va enflammer la sphère pendant une après-midi, parfois deux.

Et ce qui m’interpelle un peu beaucoup, c’est la raison de ces montées ultra ponctuelles et locales de fièvre : l’Ennui. Les gens ne se mobilisent pas, ne poussent pas de coup de gueule, ne s’abattent pas sur quelqu’un par pures convictions. Les convictions sont surtout une caution. Non, aujourd’hui on crie parce que c’est amusant, parce que l’on participe à quelque chose, parce que cela trompe, rythme notre journée de vraie Vie qui forcément, semble bien morne comparée à celle offerte par InternetLand.

Comment résister à une mise à mort de twittos raciste, quand on regarde son tableau excel du jour dans les yeux ? Comment ne pas chercher un bon mot sur un décès de star, quand on doit terminer un rapport ?

Tout comme le #slacktivisme fait bouger une chose sans en faire bouger d’autres, le régime de Colères et de Curées du net s’insurge souvent pour de bonnes causes, mais avec les mauvaises motivations. Si les gens voulaient vraiment se bouger, ils n’en resteraient pas à un tweet bien senti, ou une profile pic au poing levé.

Je plaide évidemment coupable dans certains cas, mais du haut de ma tour d’Ivoire de snobisme du réseau social, je suis heureux de ne pas à avoir à donner mon avis 1/systématiquement, 2/ sur tout (déjà que je le donne beaucoup, trop) et surtout 3/, de ne pas me ronger les ongles par crainte de disparaître, si je ne surnage pas dans la marée haute des réactions des autres, avec une réaction encore plus réactionnelle.

Si j’enfonce des portes ouvertes depuis quelques années maintenant, j’ai le sentiment que la tendance de Colère Ludique ne fait qu’enfler ces derniers temps. Et surtout, devient une norme comportementale en milieu connecté.

Il convient donc de parfois sortir sa pipe et sa robe de chambre en soie rouge, de s’asseoir dans un vieux rocking chair et de regarder depuis le perron de son petit compte élitiste tout ce “Beaucoup De Bruit Pour Rien”.

Embrassez votre ennui, snobez parfois Internet au lieu d’hurler à sa demande incessante.

Final Fantasies

9 Jul 2013 à 12:37 7 commentaires

Discussion avec deux amis, un soir d’Eté :

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Mec 1 :
“Quand je monte dans le métro, je scanne la rame et doit choisir la fille avec qui je coucherai, avant que je/elle ne descende à mon/son arrêt. Des fois du coup, je dois choisir une fille laide.”

Mec 2 :
“Quand je me balade sur un site de photos érotiques, je retiens ma respiration, je scroll à toute vitesse et je dois choisir la fille avec qui je coucherai avant de craquer et de reprendre mon souffle. Des fois du coup, j’hésite à m’arrêter sur une, je cherche encore et aucune fille canon n’apparaît avant que je ne perde mon souffle.”

Mec 3 :
“Quand je suis dans mon lit et que je vais me masturber, je fais défiler le visage des filles auxquelles je vais penser comme des pochettes d’album sur iTunes en coverflow. C’est le stress parfois, si je traîne trop à choisir, je perds mon érection.”

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Très amusant, de voir que 3 mecs aiment se donner une contrainte (temps, respiration, excitation) pour orienter leurs fantasmes.

Et d’ailleurs, quel fantasme est le mien ? Indice : je ne vous donnerai pas la réponse, je suis déjà toute rouge.

Ces derniers temps, je suis moins présent sur les réseaux sociaux. Moins le temps, moins l’énergie.

La première réflexion qui me vient à l’esprit est : est-ce une opportunité ?

 

Car jusqu’ici,

- Nous sommes tous plus ou moins addicts au combo smartphone / notifications.

- Nous passons tous par des phases d’obsession / rejet avec Twitter & co.

- Nous avons tous culpabilisé de ne pas lire tout notre flux.

- Nous avons tous eu nos craquages “fuck those 1000+ unread items, *click “mark all as read*

 

Mais la plupart de ces hauts de ces bas étaient dictés par une relation assez obsessionnelle. Aujourd’hui, je suis moins dedans, toujours intéressé, mais moins passionné. Bon, je n’ai jamais joué le game du scoring (on me traite toujours de snob sur Twitter, Facebook et Instagram, à force de limiter les interactions et likes massifs), mais j’étais sincèrement obnubilé par ces sociétés mobiles. Il y a eu quelques déclics.

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Le premier, que mon ex m’a souvent mis sous le nez : avoir ce dernier plongé dans un smartphone est juste insultant pour l’autre. J’ai compris, je me suis calmé.

Le second, qu’Instagram a mis en valeur : le flux de ce réseau est limité. Au bout d’un certain nombre d’images, on ne peut plus remonter et le reste des archives est juste inaccessible. On accepte alors de ne pas tout voir. Et cela ne m’a pas trop dérangé.

 

- Aujourd’hui, je consulte Instagram environ une fois par jour, avec une chance sur deux de ne pas tout voir.

- Je consulte mon compte Twitter principal environ deux fois par jour, mais ce dernier est très peu peuplé.

- Je consulte mon compte public Facebook environ deux fois par jour, cela fonctionne très bien.

- Je consulte mon second compte Twitter de manière erratique : parfois toutes les 10 minutes, lorsque je suis à jour, parfois une fois tous les 3 jours, lorsque le décrochage du fil est trop violent et que j’ai encore moins envie de le rattraper.

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Cette disparition de passion m’a au départ inquiétée. Tous les junkies d’info dont je fais partie commencent à se gratter partout lorsque la possibilité d’un lol lien leur ayant échappé se manifeste. C’est cette pression, que je voulais faire disparaître, sans non plus me couper totalement. Je pense avoir trouvé un équilibre, entre veille / partage réguliers et moments d’absence ou de black out sur le flux d’info.

J’en reviens à mon hésitation : sortir la tête de l’eau des réseaux sociaux, est-ce aussi l’opportunité de se dégager complètement de la rivière ? J’ai l’impression que c’est le moment ou jamais. J’hésite, mais j’ai aussi très peur de m’embêter profondément, une fois au sec.

Et puis surtout : si j’accomplis l’exploit de plaquer toute existence sociale “virtuelle*”, à qui vais-je bien pouvoir le raconter ?

Rien à voir avec la fin du monde, mais une envie de vous parler des chagrins de fin de relation – et surtout, de la méthode pour les traverser – et enfin de renouveler.

Ces derniers mois, j’ai beaucoup écouté, peu parlé, mais travaillé ma propre technique, entre pragmatisme, auto-dérision et exploitation des autres (si, si) : Il faut se mettre des oeillères et regarder bien droit devant – il faut relativiser.

Aaaw… Dawson

Vous me direz, “facile de sortir un truc aussi bateau, mais moi c’est pas pareil parce bah avec mon ex on av… bouhouhouh” etc.
Bah non, ce n’est pas facile. Bah si, c’est pareil. C’est même le coeur de ma technique : N’oubliez jamais que vous êtes uniques, comme tout le monde.

Mise en place de la théorie de la relativitétisation.

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LA MUSIQUE (DES AUTRES)

Il faut tout d’abord écouter beaucoup de musique. Triste. Triste et célèbre. Des hymnes de la chouine. Parce que de base, vous êtes un autiste depuis 3 semaines, qui s’enferme sous son casque audio en se balançant en position foetale.

Ce qui est génial avec les chansons (d’amour) tristes déjà, c’est qu’elles sont belles. Tout comme il est plus aisé de critiquer que de créer, il est easy de faire chouiner.
La vraie puissance de la chanson triste ensuite, c’est qu’elle parle à tout le monde : toi aussi, tu as regardé l’horizon, le vent dans le dos ? Toi aussi, tu as encore son parfum jusque dans les os ? Toi aussi, baby forever ? Le mécanisme d’identification fonctionne à fond, la chanson triste permet donc de se sentir moins seul et d’accrocher à un morceau une période sa vie, tel le linge mouillé sur un étendoir de mélodies. Et c’est là qu’entre en jeu le second effet Kiss Kool : on se sent ridicule.

A force de se dire que cette chanson, c’est vraiment trop complètement ta vie, tu en viens à te demander si elle parle à d’autres personnes. Et fucking Oui. Des millions de disques vendus, des larmes intergénérationnels depuis des décennies, des milliers coms’ qui pourraient être les tiens sur Youtube. Tu réalises (enfin) que ton chagrin d’amour est peu ou prou semblable à celui de tout le monde. Chose qui se révèle d’abord vexante (je suis unique), mais rapidement rassurante (comme tout le monde) : bienvenue dans la foule sentimentale.

Tenez, moi ça m’a pris juste deux titres, beaucoup d’écoutes et ça, c’est super :

Stevie Wonder – “Lately” (1981)
Pour la partie “PUTAIN JE LE SAVAIS JE L’AVAIS SENTI MAIS J’AI RIEN DIT” de mon chagrin

Léo Ferré – “Avec le Temps” (1969)
Pour la partie “Calme-toi, ça va passer” (x1000) de mon deuil sentimental

Et en titre bonus :

M83 : “Lower Your Eyelids To Die With The Sun” parce qu’il faut toujours une musique complètement too much pour accompagner ses larmes, comme le meilleur pote qui pose ta tête sur son épaule et te dit “c’est bon, tu peux pleurer, ça fait du bien“.
Avec ce morceau d’M83, on à l’impression qu’à la première larmichette qui pointe, on voit une immense vague s’écrase sur un rocher, créant des éclaboussures au ralenti, alors que le Soleil perce soudain les nuages, tombant sur ton corps prostré – mais les bras grands ouverts. Oui, les pleurs overkill, c’est pas mal, c’est un moment où il ne faut pas être pudique. Cette chanson est encore plus efficace qu’un hammam, pour t’ouvrir en grand les pores de la chiale.

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LE MALHEUR (DES AUTRES)

La musique posée, il faut continuer de relativiser. Et pour cela j’ai une technique infaillible : se repaître du malheur des autres. Bon, l’expression est un peu extrême, mais il ne faut pas non plus se cacher.

Le meilleur moyen de relativiser ses malheurs, c’est de découvrir ceux des autres : Ils sont souvent bien pires. Du coup, on se sent un peu ridicule et précieuse, avec notre petite chagrin à nous. Donc on relativise donc on oublie plus vite donc en plus, notre tristesse se retrouve presque par excuse transformée en énergie empathique pour ces autres, qui souffrent aussi.

First person problems

J’ai été trompé et marqué dans ma chair (on ne va pas revenir dessus, sinon cherchez sur Google : j’ai un blog) mais récemment, j’ai aussi vu des copines accoucher ou élever leur bébé seules, un ami également trompé et encore profondément ébranlé, un de ces fameux couples d’amis “Tom & Jerry” (ils sont tellement toujours ensemble qu’on les appelle par leur deux prénoms systématiquement) se séparer, les breaks à répétition, la stérilité pour de bon… J’ai aussi vu autour de moi la Maladie et la Mort, ces derniers temps.

Je ne me réjouis évidemment pas de ces malheurs, mais inconsciemment et puissamment, je puise en eux les rames pour avancer, presque honteux de me souvenir pourquoi je suis dévasté.

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L’AUTRE

Enfin : Tombez amoureux.

Cela vient de m’arriver. Je me sens merveilleusement bien et donc merveilleusement ridicule, en repensant aux proportions de mon chagrin d’amour, qui aura débuté presque un an jour pour jour.

Deuil done.

Cela fait aujourd’hui 8 ans que je poste ici, sur monsieurlam.com

Cela signifie une tradition de vieux : ajouter une musique “mood for this post”.

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Huit ans en âge blog, c’est comme pour les chats : on peut facilement multiplier par 7 – et entrer dans la catégorie des dinobloggers. L’occasion pour moi de tout d’abord vous remercier de le lire et de discuter ensemble sur les tout et les rien qui forment ce journal et ce, depuis 1956 (je compte en âge blog).

Je voulais aussi en profiter pour revenir sur un sujet, régulièrement repris dans les commentaires, sujet qui me tient à cœur, tant les blogs de type journaux intimes sont devenus une niche : “pourquoi tu écris ceci, et pas plus de cela ?”, aka la ligne éditoriale, ou son absence :

- “ah, enfin des photos !”

- “je retrouve enfin ton blog, lorsque tu parles de toi”

- “ça fait longtemps qu’on n’a pas vu de Fridance :(“

 

C’est au premier abord :

- flatteur (“chouette, des gens aiment ce type de contenu”),

- puis vexant (“mais qui sont-ils, pour me dire ce que je dois mettre dans mon blog ?”),

- puis flatteur (“cela signifie qu’ils sont attachés au moins à une partie de ce blog”),

- puis vexant (“il ne respectent pas la subjectivité, la gratuité de l’approche”).

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La théorie du Blog passe à mon sens par 3 états :

1. Lorsque l’on écrit un blog, on se raconte. Vous, lecteurs, considérez alors que notre vie est celle de nos écrits.

2. Avec le temps, vous vous rendez compte que tout n’est pas conté ici : flemme, absences, censures etc. La sincérité du blog est remise en cause.

3. Ce n’est pas antinomique pour moi : on blog comme on se raconte à nos amis, pas comme devant un juge, avec la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Mes proches, je ne leur raconte pas systématiquement tout. Parfois, nous nous perdons de vue quelques jours, quelques semaines. Et parfois, je radote. Si on ne se montre pas méthodique dans nos propos avec nos proches, un blog ne devrait pas non plus l’être. Car il reste la représentation d’une personne : parfois marrante, parfois chiante, parfois répétitive, parfois absente, parfois très bavarde, rarement mais possiblement ivre. Et parfois secrète. Comme je ne raconte pas tout à tout le monde, je ne peux tout coucher ici, notamment les sujets du cœur et du sexe, pour les raisons que vous imaginez.

Et la routine, c’est important de la raconter, de l’exprimer. La répétition dans nos vies incarne l’une de ses vérités les plus fondamentales. Ces derniers mois ont été obsédés par la rupture et la reconstruction. Presque tout a été placé sous ce signe, c’est comme cela. J’en semblé beaucoup en parler sur mon blog, mais c’était en fait peu, comparé à ma “vraie” vie, qui ne tournait qu’autour de ces quelques sujets, tous les jours. J’aurais pu en parler trois fois par jour. En me répétant. Ce blog représente ma vie, tout en la modérant. Ce blog n’existe pas pour travestir ma vie en roman, mais pour la narrer de manière romancée.

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J’ai longtemps essayé de trouver une vérité dans les écrits. Mais la vraie vérité, c’est la fidélité : mon blog est fidèle à ma vie, parfois transparente, parfois opaque, parfois hystérique et gratuite, parfois renfermée et taiseuse.

Cela fait un peu plus d’une décennie que je blog, aujourd’hui 8 ans sur monsieurlam.com

Il reste un plaisir égoïste à la base, plaisir sans but et sans direction qui me rend encore plus heureux lorsqu’il est partagé avec vous. Des bisous.

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Ma grand-mère est morte et la seule personne pour qui je pleure, c’est mon père.

Parce que les histoires de famille sont celles qui peuvent déchirer ou séparer.

Parce que devenir adulte, ce n’est pas juste tuer le père, c’est aussi vouloir le protéger.

Je suis une personne qui a construit ses relations et ses constructions familiales de manière très méthodique, raisonnée, pragmatique. Parce que le sac de noeud qu’est une famille – amour, chair, raison, morale – m’a toujours effrayé. Une famille est une entité si forte dans son symbole et si chaotique dans ses empilements de faits, de liens, de névroses, de pathos, de souvenirs, que je l’ai toujours repoussée du bras, pour pouvoir garder un recul, une maîtrise. Sinon, je m’y noie.

Je suis très fort et très froid envers ma famille proche et ma famille étendue. Ma famille étendue, j’ai grandi sans depuis des années. Ma famille proche, je l’aime sincèrement car je l’ai dépiautée, analysée. Je veux aimer mes proches par raison et non par tradition. J’espère qu’un jour, mes parents, mes frères et soeurs, mes enfants ne m’en voudront pas. Et que nous nous parlerons encore.

En attendant l’enterrement, je pense fort à mes oncles, ma tante. Mon père. Je pense à leurs reflexions, leurs regrets, leurs douleurs, leurs trop plein de choses à dire. Je pense que la famille n’est pas notre premier cercle social, notre valeur refuge, notre ciment de base : La famille est une entité viscérale et incontrôlable, qui ne vous propose qu’un choix simple et non négociable : l’aimer ou la quitter.

Ce soir, je pense à ma famille, ses membres, leur choix.

Et j’embrasse mon père et sa défunte mère.

J’ai repris le sport.

Enfin, la salle de sport, je n’ai pas encore le droit de faire du vrai sport, rapport à mon coeur.

La recherche du rapport “contrôle de l’effort / résultats sur l’égo” optimal m’a mené à la muscu classique. Après plusieurs essais, j’ai atterri ce soir au Club Med Gym de Palais Royal. C’était comme je l’avais imaginé : déprimant.

Une salle bondé de gens qui courent, pédalent dans le vide. La notion de “fin de race, bout de civilisation” a toujours été associée pour moi à un homme en bonne santé, en bonne situation, qui court sur un tapis roulant, regard dans le vide au milieu de dizaines d’autres.
Nous sommes tous là, êtres urbains, à suer, se préparer pour l’été, pour un rdv, rester un élément physiquement alpha de la meute.

Au milieu des muscles atrophiés, des ventres qui veulent devenir plats et des casques Beats (je ne comprendrais jamais l’hérésie de suer avec un énorme truc comme ça sur les oreilles), me voici.

Je suis encore maigre, pas loin d’être malingre, j’ai une mine plutôt catastrophique. Donc j’ai la motivation gonflée à bloc, elle : Ne plus jamais me voir comme ça. Ne plus jamais être physiquement faible. Alors je rame, je soulève de la fonte, tire des cordes, enchaîne des abdos.

Toutes mes considérations philosophico-sociales précédentes, je les bouffe, je les mâche. Le besoin de me plaire, de me réconcilier avec mon égo est plus fort que tout. Je déteste la muscu pour la muscu mais pour le moment, elle fera l’affaire. Le temps que je récupère de la chair, avant que je puisse enfin tâter du ballon, chausser gants et protège-dents. Le vrai sport.

J’écoute de la power-song à fond, je regarde mécaniquement (et naïvement) les résultats dans le miroir après chaque série, je souris quand je commence à souffrir. Parmi la centaine de personnes qui comme moi, enfermées dans leur casque audio, suent seules en tête-à-tête avec leur vanité.


Et je repense ce shoot pour Divide

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