J’ai souvent un rituel lorsque je passe une nuit dans une chambre d’hôtel le temps d’un Press Tour : celui de virer toute source possible de lumière, même et surtout les leds. Je débranche donc méthodiquement les télés, réveils, contrôleurs de clim’, colle l’entre-deux rideaux avec le fauteuil et place mon Macbook Pro sous le lit.
Noir com-plet, je ne suis alors plus loin de chez moi : Je suis nulle part. Et alors, je suis bien.
//ALICIA KEYS, MAIS SURTOUT
C’est actuellement chose faite et alors que j’écris et msnise en ce moment dans le noir complet, je repense à ce moment aussi beau et bref qu’une étincelle. C’était pendant le concert un peu décevant d’Alicia Key, jeudi dernier (merci pour les places Mopiko).
Et donc, ce moment précis :
Là.
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… Et puis, la routine reprend. Tableaux, final, rappel, fin, cris, fiou.
A woman’s worth lalala etc.
Quoi, vous n’avez rien vu ? Mais si, quoi, là, au milieu !
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… Pff, vous me décevez. On revoit la scène au ralenti. Nina, envoie un focus satellite.
Là !
Bon, vous voyez le point orangé, un peu flou car vascillant ? Oui, c’est une flamme. Mais il faut tout vous dire ce soir, rhaa.
//PORTEUR DE FLAMME
Donc, dans le concert, soudain, voici la flamme d’un briquet. Seule. Seule dans le noir et seule dans la marée de téléphones portables et d’appareils photo numériques. Un petit point orange se déhanchant parmi la constance des cadres de lumières blanches.
Je regarde fixement ce symbole, tellement XXe siècle, de la communion entre un artiste et son public. Elle s’éteint régulièrement, mais est patiemment rallumée par une main habituée. J’admire le porteur de la flamme.
Car elle est devenue tellement rare : aujourd’hui, toujours moins de monde fume mais tout le monde phone. Logique donc que les téléphones aient remplacé les briquets dans les mains du public. En plus, c’est plus facile d’appuyer sur une touche pour rallumer son écran que de se crâmer progressivement le pouce sur la roulette capricieuse d’un briquet.
//DAFT vs POUJADE
Ne vous méprenez point : je ne me laisse pas aller à une ôde poujadiste à base de “c’était mieux avant“. J’adore le rendu des téléphones : plus nombreux, plus lumineux, s’agitant sans peine, ils offrent à l’obscurité d’une grande salle un air de caverne remplie de minéraux précieux.
Le dernier concert de Daft Punk a ainsi été un moment unique abritant lui-même un instant unique, lorsque tout le monde a agité comme d’une seul homme son portable pour le Rappel. Un océan de cellules de vie en mouvement coordonné.
Etant progressiste de nature, je repense souvent à ce moment dantesque pour contrer les fêlons partisans de la théorie “technologie = mort de la poésie“. Mais revenons à la petite flamme.
//CAN’T TAKE MY EYES OF YOU
Elle s’agite, disparaît, rejaillit, tangue, se montre inconstante, m’envoûte. Accessoirement, elle me permet aussi de passer au travers de la partie la plus laborieuse du concert, une sorte de remake poussif du Velvet Rope Tour de Janet Jackson.
Sa fragilité et son inexactitude hypnotiques m’auront fait sortir de l’expérience collective, le temps de me reconnecter au concert à l’instant précis où Jermaine Paul rejoint Alicia et s’apprête à ravager Bercy sur “Diary“, le meilleur moment du concert - et un morcau de bravoure de duo Soul.
Et à Bercy, ils l’ont réinterprétée à Puissance 10.
//KERZE, BITTE ?
Alors voilà : Maintenant, j’écoute la chanson en boucle (et en choeur) et je veux m’endormir avec une bougie, dans le noir complet de la chambre 1621 de l’EventHotel Pyramide de Vienne, Autriche. Je cherche.
Et je viens d’appeler le Room Service sous un prétexte fallacieux : mais ils n’ont pas de bougies, nein.
Haha, la consécration : quelqu’un a soumis mes élucubrations de solitaire hyperconnecté sur BashFR…
C’est marrant amer à dire, mais j’aurais bien lolé, si j’avais lu cette quote en tant qu’étranger. Alors si vous aussi vous voulez plus de statistiques débiles, +ez (plussez) cette quote !
J’en profite pour vous re-re-re-conseiller de vous abonner à BashFR, fournisseur officiel de lol des Jeux Olympiques de Pékin, qui se paye le luxe d’être meilleur que l’original.
Dans la boutique Philippe Roucou, un peu avant Noël : Très bon choix monsieur, je vous fais un paquet ? - Avec plein de papier de soie, s’il vous plait - Votre amie est chanceuse… - En fait, je ne sais pas pour qui je l’ai acheté. Je ne veux peut-être pas le savoir, en fait. - … Euh, et Joyeux Noël, Monsieur.
- ^.^/
Dans ma micro folie des bijoux noirs pour femme (que j’achète - et porte parfois), il y avait celui-ci, encore plus joli. Et de tous les cadeaux inversés que j’ai offerts à Noël, ce bijou reste.
Ce n’est pas que j’ignore à qui l’offrir ou quoi en faire, mais j’aime cet objet, et je l’aime comme ça, emballé, prêt à.
Mais n’allant nulle part : Le Présent absolu.
Un peu comme le soldat inconnu dans sa tombe, cet objet est voué à devenir le symbole de l’Attention pure. Délicatement emballé, à l’abris du temps et de l’usage, j’ai hâte d’en arriver au moment où je ne me souviendrais plus exactement de son apparence première, encore pure et pour longtemps nimbée dans son petit sac alors couvert de poussière.
//1.a - REFUSER TOUTE HYGIENE EDITORIALE
C’est la période. Je n’ai pas le temps ni l’envie pressante d’écrire. Même pas le temps de parler de Core et Head, les deux derniers thèmes de Divide. Sauvé par les Liens Liens Liens par manque de concentration pour un vrai article, à la lutte sur Lense…
Sans oublier ce même Blog. Mais dans ce cas, c’est en fait sain, car un vrai blog (au sens journal perso) ne doit pas avoir d’hygiène éditoriale, mais bien suivre la vie et les envies de son auteur, point.
L’envie reviendra sûrement, avec un petit mot à propos de ma nouvelle patronne, Deedee, une bloggeuse que je ne peux qu’aimer : reine des faux plans, junkie/dealeuse de thé bourgeois, ultra bavarde et pimpante, c’est implacable.
//VII. NETWORKER A L’ENVERS
Tiens, c’est étrange, je croise aussi beaucoup de bloggers que je n’aime pas, ces derniers temps : Thomas Clément lors du Podcast AZ, Mathieu de Blographic à l’excellente soirée Retro Gaming, sans oublier mry. La sphère blog (non, ce n’est pas du verlan) exacerbe tellement les égos et les à prioris que l’on en vient vite à cerner une personne uniquement à travers son blog. Le truc, c’est qu’un blogger n’est pas souvent le reflet parfait de son blog, on risque donc de juger à tort plus qu’à raison. Genre, je suis sûr que le Mathieu est adorable. Le contre-truc, c’est que je milite pour que les gens ressemblent et soient à la hauteur de leur fantasme image du net. Je préfère détester des personnalités fortes que vaguement croiser des gens polis et tièdes.
Si je n’ai pas eût le temps de vraiment discuter avec Thomas ou Mathieu (c’est limite lâche, je trouve), j’ai pris un thé avec mry avant-hier. Ce bonhomme, j’ai vraiment du mal à me l’encadrer depuis que je suis le milieu : Plus ou moins sulfureux dans les bouches à oreille, auteur de podcasts qui me laissent perplexes, d’inclinaisons politiques éloignées des miennes, propriétaire d’un combo header affreux/myriade de plug ins, rattaché à la ridicule bande autoproclamée des Barons de la Blogosphère, le mry cumulait beaucoup à mon goût.
Mais l’homme possède des qualités, dont celles, essentielles, de jouer le jeu à fond, de tenter de vraies choses avec son égo, de refuser la fadeur, de ne pas faire l’unanimité, d’accepter le casse gueule et donc de m’inviter à partager un sachet de thé - sachant que je ne le saque que très peu. Bref, nos crèves et l’amour des discussions gratuites et franches du collier nous ont offert un chouette moment. Evidemment, mry ne sera jamais mon potolol, mais je pense que ce n’est pas plus mal comme ça : c’est finalement plus rare et excitant de rencontrer un blogger assez joueur et entier pour vous inspirer sans détour antipathie et respect, étonnement et intérêt. A la revoyure.
//Article 41.7 : B(L)OGGER, IRL
Dans le genre blogger polémique, je veux le père Cassard, mais oui. Au détour nocturne d’une absinthe, d’un choco chaud et d’un clochard, nous avons échangé tant bien que mal nos projets propres, sous le feu nourri des critiques de Stéphane (”T’as été couilles molles dans ton post sur Spreadshirt !“) et des vannes stratosphériques de Julien et Theo.
A travers le trio de l’enfer de la bière donc, j’ai pu discuter hors mail avec ce bonhomme pour qui j’ai une sincère empathie (comme toute la France, je crois) mais aussi un vif désir de m’émanciper. Syndrôme laFraise bien sûr, mais aussi par rapport à mon projet.
Après avoir appris, puis interrogé, discuté le sien, j’ai regardé le, les objectifs de mon projet avec un regard nouveau. C’est étrange. Patrice est en train de murir une entité risquée, sympathique, unique et encore f(l)ou. Je vise de mon côté des choses très simples, claires, définissables en terme de business et de gestion.
Je ne serais pas un peu complexé là ? Avec le recul, pas vraiment. Je me dis que je me lance dans mon premier projet d’entrepreneur (oui, c’est une boîte) et que ce dernier mêle fortement beaucoup d’éléments faisant partie de mon passif. Lui passe la seconde, tout neuf, j’ai l’impression d’être en retard. Et la case laFraise plannera toujours sur moi comme un complexe vis-à-vis de son père biologique.
Il n’empêche, en y repensant ce soir, j’envie les yeux de petit garçon de ce seigneur de la dilletante lorsqu’après un long exposé, il te demande, anxieux et impatient “alors, tu penses que ça pourrait marcher mon truc ?“. Bon ok, il était un peu fait, mais quand même.
//Préface : NE JAMAIS SOUS-ESTIMER LE CRO MEUGNOON POUR LA CONCLUSION
Evidemment, je suis parti du postulat que je n’ai pas envie d’écrire car c’est un geste politique, pour au final tartiner encore -.-;
Pour parler aussi de gens qui bloggent et qui, d’une manière ou d’une autre, détonnent dans ce paysage un peu trop condescendant à la surface. Qu’on l’aime ou non, voici donc comment on reconnait un vrai, un bon blogger. Il vous parle comme il vous écrit : droit dans les yeux.
Dans le bal du buzz média draîné dans le sillage de LeWeb3 :
“La semaine dernière j’ai reçu via Internet une offre de service alléchante d’un individu qui pouvait se prévaloir d’une expérience chez Google. Je l’ai rencontré, il a 14 ans… Il faut, dès le collège et même avant, former les Français à la création d’entreprise et leur donner le goût du risque, de l’initiative. Aux Etats-Unis, les jeunes sont programmés pour ça.”
Enfin, j’ai commencé les cours de boxe anglaise, dans un chouette club a 40m de chez moi (merci Marion).
Loin des mythes qui s’y rattachent, on y travaille dans le calme et la technique. Je suis très humble, avec mes mauvaises habitudes héritées du Tae Kwon Do et du Viet Vo Dao.
En tout cas, ce sport est d’une beauté confondante, tout en partageant les règles implicites des sports de combat et des arts martiaux : rigueur, rugosité, densité physique et mentale.
Evidemment, mon corps entier crie douleur ces derneirs jours : Courbatures, premiers coups encaissés, poignets non faits, corps qui n’avait pas fait de sport depuis trop longtemps… Autant vous le dire honnêtement, j’adore ça.
Elle est là, allongée sur le lit, allongée sur le dos. Nue. Je n’arrive pas vraiment à savoir si elle me regarde au fond des yeux ou si elle fixe platement le plafond, Paris Hilton. Elle sourit juste, efficacement.
Ses jambes sont entre ouvertes, invitation : soudainement, je me sens un peu perdu, là.
Dimanche 22 Avril, on se fait une réunion Nintendo DS, Louiza rencontre ses fans et une élection présidentielle entâme son premier tour.
J’espère que tout ira bien, ce dimanche : Gagner à Tetris, ramener un dessin dédicacé et voir Ségolène Royal au second tour. Bah oui, je vais voter Ségo.