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Ça parle clairement de Culture

Tetsuooo ! Kanedaaa !

19 Dec 2013 à 18:03 13 commentaires

Le premier film d’animation japonaise que j’ai vu au cinéma était Akira. On était en 1991. Il passait en VF dans une petite salle de l’UGC de Créteil Soleil et j’y suis allé sans trop savoir sur quoi j’allais tomber.

Ce chef d’oeuvre m’a traumatisé, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. J’ai été, je suis marqué à vie par cette esthétique, cette vision, cette violence, cette richesse, le pan culturel qui s’est dévoilé derrière.

Je retourne voir Akira ce soir au Grand Rex, en VO remasterisée, pour fêter ses 25 ans. Je suis déjà traumatisé d’avance. Et tellement excité aussi.

Après un intenable hiatus estival de quatre longs mois, notre cher podcast des années 2000 Studio 404 est de retour !

De gauche à droite : Angelique notre belle voix, Melissa, Daz, Fibre Tigre, moi, Sylvain Paley, moi tenant un chat parce que ça faisait rire tout le monde rapport au fait que c’est un truc asiatique et rapport au fait qu’ils sont un peu racistes, Ghislain.

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Au programme de cette émission de société numérique, qui clôt les vacances et lance la rentrée :

- Sylvain pleure la fin de la carte postale, alors que nous inondons nos amis et contacts de status et de photos de vacances
- Daz se réjouit lui du retour du bon vieux jeu de société à travers les tablettes
- Melissa, déjà tournée vers la rentrée, se demande comment son obsession pour devenir productive sur son ordinateur à ruiné sa productivité
- Fibre Tigre lance lui sa campagne pour les écoliers de France : cette année, lâchez la LV2 et apprenez le langage du code !

BONNE ECOUTE SUR ITUNES OU ICI SUR SOUNDCLOUD o/

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Dans les coulisses :

- Merci pour vos retours sur certains points (attitude, rythme), nous en prenons compte et tentons de nous bonifier et d’évoluer, tels des Pokemons du réseau
- L’émission a été enregistré dans le salon de notre super réalisateur Ghislain, d’où l’acoustique différente (très “Concert à Emporter”, diront les puristes)
- Sachez également que nous avons enregistré dans la foulée notre émission prévue pour Juin dernier, avec vos témoignages sur l’adolescence. A venir prochainement !

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Je ne vais pas m’étendre sur Pacific Rim, donc rapidement :

Ce n’est pas aussi jouissif que je l’avais espéré, mais il y a un cameo de la Nissan Figaro, ma voiture préférée.

Je voulais juste vous partager la manière dont mes frangins ont regardé il y a quelques jours le blockbuster de l’année :

- En screener

- Sur un écran de smartphone

- Un écouteur chacun

- Dans une voiture slalomant dans les routes de montagne vietnamiennes

Rimers gonna Rim, j’oscille entre dégoût et admiration.

No Yeezy listening

20 Jun 2013 à 1:59 4 commentaires

Ce dernier album de Kanye West m’a perdu comme prévu, comme tout le monde.

“Quelle, la, baise.”

Je réflechissais très fort à ce que j’allais écrire (d’intelligible) sur Yeezus, à tracer ce parallèle avec la position et la disco des Daft dans l’EDM, du mot “glitch” qui (me) revient globalement en tête, mais tout a été dit dans cet excellent article/discussion de l’abcdraire du son. Mieux, de manière plus complète, lisible, naturelle : Yeezus n’est pas un bon album en soi, mais c’est une brique forte dans le Grand Plan de West.

+ de posts sur Kanye West

Plutôt que de critiquer chaque chanson du dernier David et Cathy Guetta (vous ne saviez pas ? Sous les casques ?) avec un barème, je décris ce qu’elles me font apparaître, lorsque je ferme les yeux (et qu’une larme de diamant roule sur mon visage baigné dans un halo de lumière immaculée, “Gouttes de Dieu” style) :

Give Life Back To Music : Le plus beau barbecue ever. Tes amis et des merguez pour l’éternité.

The Game Of Love : Cheminée (même éteinte), gros canapé, enlacés.

Giorgio By Moroder : Tels des poings, les verres levés vers le ciel. Telles des prières, les yeux fermés vers le sol.

Within : Raccompagner l’être aimé(e) au train, traîner seul sur le quai.

Instant Crush : Se rouler des pelles avec un appareil dentaire (y arriver).

Lose Yourself To Dance : Ces hanches que tu balances lentement, ces hanches qui te brûlent sûrement.

Touch : Pass the blunt.

Get Lucky : Grand temps de (re)lancer la soirée.

Beyond : Le portail s’ouvre sur la belle villa d’été louée avec des amis.

Motherboard : Le vent se lève doucement, l’accélérateur s’enfonce en accord.

Fragments of Time : Insouciants et souriants, ridant sur nos Beach Bikes.

Doin’ It Right : Sur la piste, un cercle se forme. Ce qu’il se passe dans le cercle reste dans le cercle.

Contact : le Soleil se lève, baroud d’honneur des clubbers.

É vou ? #storytelling

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Update : ce mec a mis ses visions en vidéo. Excellence !

Et voilà,

Random Access Memories venant de “Get Leaky

en téléchargement illégal,

tout en étant dispo en stream légal,

on peut enfin en parler (et acheter l’album dans une semaine). Voici donc quelques réflexions sur le 4e enfant des deux papas casqués, postées avec le son à fond. J’en posterai au fur et à mesure des 800 écoutes (et lectures autour) de la chose.

 

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. On peut toujours râler sur la sur-com’ de Daft Punk ces dernières semaines, on parle quand même d’un groupe qui à sorti 4 albums et 2 tournées en 16 ans. Ils peuvent se permettre.

. Je suis tellement heureux que ce 4e album soit funk/disco. Parce qu’ils se tiennent à leur ligne “chaque album est différent”

. Je suis tellement heureux que ce 4e album soit funk/disco. Parce que je suis un gros fan de funk/disco depuis forever (together)

. Lorsque qu’Haron et moi avons écouté pour la 1ère un leak non définitif de Voyager, on (pleurait de bonheur et on) s’est dit : “cette chanson s’écoute dans une décapotable roulant lentement au bord de l’océan, sur un coucher de Soleil rouge vif“. R.A.M, c’est un peu le même ride, tout le long de la West Côte.

. Si tournée il y a (19972007… 2017 ?), procréations d’enfant en live et en masse il y aura sur place.

. En parlant de Live, je me demande comment RAM entrera en résonance avec les Homework, Discovery et Human After All, qui semblaient construits comme des Legos de samples et de punch lines destinés à être déconstruits et reconstruits. Ici, chaque chanson ressemble plus à une chanson.

. Beaucoup d’émotions sur “Contact“. DJ Falcon, c’est toute une époque de la French Touch, du label Roulé en passant par Club Soda et bien sûr Together, qui avait enflammé la fin d’Alive 2007. Entendre du bon gros filtre d’époque couplé à une batterie brute, les voir mettre en orbite une énorme montée… Quelle fin d’album.

. Aux gens qui soupirent en expliquant que Daft Punk n’invente rien : Et alors ? Tarantino n’invente rien, mais rend des hommages fortement personnalisés, fortement créatifs et fortement jouissifs. La même pour Daft.

. S’il existe un groupe Facebook “mélangeons les instants “danses de robot bourrés” avec les quart d’heure américain“, Daft Punk a liké la page et écrit “Doin’ It Right” pour eux. La classe.

. Ces voix de robot vocodées, parfois bof. Ta gueule, Kanye tutut shhhht.

. Ces couplets de “Get Lucky“, même en version album, toujours bof.

. Pharell se montre d’ailleurs bien plus inspiré sur “Lose Yourself To Dance

. Niiiiiiiile <3 You’re the meilleur (forever) (together)

. L’intro de “Beyond” > l’intro d’un Final Fantasy

. Malgré quelques brillants cas, l’incoming Tsunami de remixes agressifs et de covers “1 guy / 19 instruments”, de qualité ou non, me fatiguent déjà un peu.

. “Fragments of Time” : Summer dans ta tête, saison des pluies dans ta culotte.

. Il n’empêche que cet été, on ne sera pas squatté par un “BOOMBOOMMYHUMP” de Rihanna ou Katy Perry. Douchebags et hipsters seront au moins unis une saison. Consolation, insolations.

. Gros bisous à Breakbot, au passage.

. UNE TOURNEE, PLZ K THX

 

 

Ah oui, Kanye West. Hier soir au Zenith, concert presque surprise, dans la lignée de sa tournée entamée il y a quelques semaines à Atlantic City. Pas de nouveaux morceaux, mais du Kanye pur jus : créatif, décevant, épique, ridicule. Ce qui rend l’artiste certainement unique et si polémique dans nos coeurs.

On retourne aux photos.

Notes dans le désordre :

- On nous a demandé de venir à 19h30. Le concert a commencé à 21h30.

- La scénographie est un bon symbole de la créativité de West. Scène inclinée, 7 écrans, déco minimaliste, peu ou pas de spots, parfois un peu de neige qui tombe. Sans oublier le stylisme, fou.

- La scénographie est un bon symbole de l’égo de West : aucun groupe, aucun featuring, deux musiciens déguisés en ninjas blancs pour se fondre dans le décor. Le bonhomme veut être seul sur scène, l’unique point d’attention. Les images de nature en boucle confirment la sensation : jolies, elles semblent surtout choisies pour ne pas trop détourner l’attention. Le même système que les clips de karaoké.

- Rester aux avant-postes de la fosse (aka 3, 4 mètres de l’artiste), c’est sport, c’est sueur.

- J’ai pris les photos avec le Samsung Galaxy Camera, mon Sony NEX-7 s’étant fait griller par la sécurité de l’entrée.
C’est l’une des raisons pour lesquelles je publie en noir et blanc : les couleurs crachent pas mal.
L’autre raison, c’est que ce noir et blanc se marie bien avec l’atmosphère du concert.
La raison bonus, c’est que cela me fait penser à mes photos du showcase Jay-Z / Eminem.

- En musique, le rock a ses solos de guitare, la pop a ses couplets Rap, Kanye West a ses moments Kanye West. Comprendre, l’artiste ne démord pas de son habitude de couper ses chansons avec des monologues et freestyles de six, dix minutes. Parfois lourd, parfois gracieux.

- Cette tenue blanche  - camisole + Nike Air Force Mid’, quelle classe.

- Ces ingés ninjas blancs, quel lol.

- “I’m Picasso, I’m Basquiat, I’m Steve Jobs.

- Puis, “It’s hard to be a motherfucking asshole.

- Oui, il nous refait encore le cou du “stopstopstop, c’est naze, on recommence.”

- Le concert était étrange, avec de vrais temps morts, pas de folie, mais de la singularité. L’antithèse de Watch The Throne, d’une certaine manière.

- Ses deux masques sont évidemment géniaux. On dirait du Cosplay tiré de l’univers mental de l’artiste. Entre le masque Femto des neiges et le fameux masque Diamant de Margiela, on se régale visuellement et mince, M. West ne sue même pas dedans. Il ne pue que la classe.

Viendra la séquence la plus tragi-comique de ce concert : parti pour faire son rappel sur “Gold Digger“, comme pour Londres, West est rattrapé par le public français. Oui, ils veulent “Niggas in Paris”, l’instant classic hypnotique devenu culte sur la tournée Watch The Throne (voir mes photos sur ce post), encore plus à Paris.

Evidemment que Kanye ne l’a pas prévue dans sa tracklist ultra lockée. Bien sûr, qu’il ne va pas l’interpréter sans Jay-Z. Bien sûr que ce soir, ce sont ses hits, pas ceux partagés avec d’autres. Et pourtant, il s’arrête avant de quitter la scène. Se retourne vers nous, l’air sincèrement interloqué. Moment de flottement. Les “Niggas ! In ! Paris !” redoublent. Le public, mi-troll, mi-optimiste, veut y croire.

Kanye sourit, la foule exulte. Et puis, il lâche qu’il aura de nouvelles choses pour dans quelques mois. Déception, c’est mort pour le rab’. Mais il ne quitte pas la scène, les français ne lâchent pas : “NIGGAS IN PARIS !“.

West semble perdu au fond de sa scène inclinée. Puis soudain, au milieu des vivats, il lève les bras, son visage dit “lol, no”, et il se casse, sans un mot et sous les sifflets. On ne joue pas au plus troll avec Kanye.

 

Bonus : une amie ayant accès au backstage m’a live smsé sa traque de Kanye dans les loges. Elle l’a trouvé… En train de jouer à Puissance 4. Véridique. (update : c’est une vieille habitude, merci pour vos précisions)

+ Photos du concert “Watch The Throne”

+ Photos du Showcase Jay-Z / Eminem

 

Hello chers lecteurs ici auditeurs !

Le 3e numéro de Studio 404 est en ligne, Bim.

Ghislain, Mélissa, Daz, Sylvain et Fibre Tigre en mode Rapides et Furieux. #laviethug

Au programme de notre émission de société numérique :

- Google vs. les médias, la bataille du contenu

- Peut-on encore se perdre sur Internet ?

- La Wii U, la console qui n’excite personne que plein de monde va acheter

- Pourquoi les nouveaux médias et leurs stars restent obsédés par la reconnaissance des anciens médias ?

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Pendant que vous lancez fébrilement le téléchargement ou le stream de notre dernier bébé, voici les nouveautés du jour, je vous rappelle que Studio 404 reste un projet en évolution constante :

- Nous vous avons écouté et changé la formule. Nous passons de 5 sujets de 5 minutes à 4 sujets de 10 minutes. Plus de place pour le débat, la discussion, les vannes et surtout, chaque chroniqueur (Mélissa, Sylvain, Fibre Tigre et Daz) introduira un sujet qui lui tient à cœur.

- Les FAQ sont des questions plus fermées, plus simples à répondre.

- Pour les allergiques à iTunes, nous avons passé notre compte SoundCloud en premium : à vous les téléchargements sans limitations.

J’espère que cette 3e émission vous plaira et l’équipe attend impatiemment vos retours.
En attendant, notre dernière émission a passé la barre des 10700 écoutes et s’est retrouvé propulsée en section vedette d’iTunes. Un grand grand merci pour votre soutien et vos retours (spéciale dédicace à Bruno, qui a trouvé que ”404″, c’est parfait pour 4 sujet et 4 chroniqueurs).

Bonne écoute !

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En assistant récemment à un showcase du groupe C2C, j’ai remarqué une nouvelle tendance chez les performers de musique électronique : incliner leurs “instruments” vers le public.

 

Le set up de C2C, incliné vers le public.

Longtemps, un live sans vrai instrument sonnait un peu comme un set de DJ, pas plus. Les performers opérant sur des MPC et autres interfaces électroniques voyaient leur créativité assez mal représentée, tout en étant souvent et péjorativement appelés “button pushers”. Evidemment, la tournée Alive de Daft Punk a donné un grand coup de fouet aux performances EDM (Eletronic Dance Music).

En parallèle, le mouvement Controllerism a mis en avant ces dernières années de nouvelles manières de jouer la musique, avec des interfaces nouvelles, toute reliées à un soft de musique : matrices, platines, mixettes, surfaces tactiles…

Et il est amusant de voir que les artistes étendards du moment adoptent une nouvelle scénographie pour montrer leur art et leur skill, en inclinant leurs appareils vers le public. Terminé, le plateau de contrôleurs horizontal, voire tourné vers l’artiste et qui crée une barrière avec le public. On remet la performance en lumière, comme pour prouver plusieurs choses :

Non, la musique assisté par ordinateur ne signifie pas qu’il n’existe plus de performance.

Oui, les nouveaux instruments permettent de repenser la musique et les performance Live

La preuve par trois, avec :

C2C donc, qui prolonge clairement son héritage de compétiteurs DMC. On retrouve leur platine (comment le diamant tiens à un tel angle ?), leur table de mixage et Traktor, géré par un Kontrol F1.

 

Madeon, le petit génie d’Ableton Live, qui s’est rendu célèbre avec son fameux “Pop Culture“, qui a popularisé les interface des type Novation Launchpad comme réel instruments de musique. Il joue en live avec trois de ces controleurs penchés vers le public, plus un habillage visuel qui joue clairement sur l’esthétique d’une matrice de pads.

Glitch Mob, trio américain rendu célèbre par leur “We Can Make The World Stop” habillant une pub gopro, morceau débutant ici à 4’57. Au programme, un écran tactile, des percus et de bonnes vieilles Akai MPD.

Paradoxalement, ce positionnement nuit à l’ergonomie, la visibilité et logiquement, la performance de l’artiste, imaginez ce genre de contraintes pour un pianiste…
Il serait donc amusant de voir cette inclinaison se généraliser chez les DJs et controllerists, prêts à sacrifier leur confort (et leurs poignets) pour prouver ce qu’ils valent au public.

Je suis en tout cas enthousiaste de voir ce mouvement forger ses lettres de noblesse sur des scènes bien vivantes : voir les génies du genre à l’oeuvre reste tout aussi impressionnant que nos bons vieux guitar heroes.


Petit loltoshop pour les fans de la fameuse chanson qui joue désormais dans votre tête pour le reste de l’après-midi, faisant suite à celui d’hier.

(merci Nibounet)