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Ça parle clairement de Moi

Adopte un Monsieur

20 Jul 2012 à 13:13 55 commentaires

A force d’en parler avec des amis qui me chauffent, je me suis inscrit sur un réseau de rencontre, Adopte Un Mec.

(je vous épargne mes considérations personnelles et torturées sur la drague en ligne)

J’y ai mis ma photo habituelle, mes informations personnelles, une description expliquant que je veux juste discuter (si, j’y crois).

J’ai même monté un clan (on ne se refait pas), les “Francs-Maçons du Coeur”. Un gage de mecs bonne ambiance, avec Dopple et W.Allen, parrainé Navo, la légende vivante de ce réseau (lisez donc les testimonials de l’appli iPhone).

Mes premiers mails ?

- “F.A.K.E.”

- “Quelqu’un se fait passer pour toi”

- “Tu as un beau (fake) profil sur adopte :D” (via Facebook, avec la capture ci-dessus)

- “Votre photo viole nos conditions générales d’utilisation“, mail officiel d’Adopte Un Mec.

Ensuite, je ne pouvais plus accéder au site, le temps que Navo ne fasse authentifier mon compte et mes bonnes intentions.

Donc, c’est bien moi, apparemment précédé par ma réputation d’ermite midinette qui préfère rester chez lui à jouer aux jeux vidéos et écrire. Mais personne ne m’a cru et je me fais report as spam / fake.

Bon beh, je reviendrai plus tard.

Ce soir, j’ai esquivé des soirées.

“Hey, tu sors ce soir ?”

“- J’aimerais bien, mais je dois absolument terminer ce projet.”

La vérité, mais pas toute la vérité.

Je bosse sur un gros projet, en ce moment. Il me prend mon temps, mon attention, mon énergie et j’aime ça. Pour le projet lui-même bien sur, mais aussi parce qu’il me sert de couverture : je peux rentrer chez moi, rester seul.

Depuis que je suis célibataire, je me suis promis de retrouver un physique, mais aussi une vie sociale. Et pourtant. Et pourtant, je ne me sens pas d’attaque de bouger, de butiner, de prendre des verres et de rencontrer des gens. Je fuis. Par contre, faire du rameur, jouer à Street, ah là, aucun problème.

Le Confort, quelle Lâcheté. Et inversement.

J’ai repris le sport.

Enfin, la salle de sport, je n’ai pas encore le droit de faire du vrai sport, rapport à mon coeur.

La recherche du rapport “contrôle de l’effort / résultats sur l’égo” optimal m’a mené à la muscu classique. Après plusieurs essais, j’ai atterri ce soir au Club Med Gym de Palais Royal. C’était comme je l’avais imaginé : déprimant.

Une salle bondé de gens qui courent, pédalent dans le vide. La notion de “fin de race, bout de civilisation” a toujours été associée pour moi à un homme en bonne santé, en bonne situation, qui court sur un tapis roulant, regard dans le vide au milieu de dizaines d’autres.
Nous sommes tous là, êtres urbains, à suer, se préparer pour l’été, pour un rdv, rester un élément physiquement alpha de la meute.

Au milieu des muscles atrophiés, des ventres qui veulent devenir plats et des casques Beats (je ne comprendrais jamais l’hérésie de suer avec un énorme truc comme ça sur les oreilles), me voici.

Je suis encore maigre, pas loin d’être malingre, j’ai une mine plutôt catastrophique. Donc j’ai la motivation gonflée à bloc, elle : Ne plus jamais me voir comme ça. Ne plus jamais être physiquement faible. Alors je rame, je soulève de la fonte, tire des cordes, enchaîne des abdos.

Toutes mes considérations philosophico-sociales précédentes, je les bouffe, je les mâche. Le besoin de me plaire, de me réconcilier avec mon égo est plus fort que tout. Je déteste la muscu pour la muscu mais pour le moment, elle fera l’affaire. Le temps que je récupère de la chair, avant que je puisse enfin tâter du ballon, chausser gants et protège-dents. Le vrai sport.

J’écoute de la power-song à fond, je regarde mécaniquement (et naïvement) les résultats dans le miroir après chaque série, je souris quand je commence à souffrir. Parmi la centaine de personnes qui comme moi, enfermées dans leur casque audio, suent seules en tête-à-tête avec leur vanité.


Et je repense ce shoot pour Divide

.

Dans la nuit de Paris

Baladant ma petite valise
Me voici entre deux abris
Le temps d’un été d’une brise

Au revoir Oberkampf, bonsoir Montorgueil.

Me voici en transition, serein

Une nouvelle chambre encore vide
Un ex-appartement encore plein
Et l’envie urgente de me poser, vite

Dans les nuits de Paris.

Après une rupture, certain(e)s retournent chez leur mère. Moi, je retourne en coloc’.

Avec deux très bons amis embarqués dans l’aventure, nous cherchons donc :

- Un appartement dans Paris 1, 2, 3, 4, 9, 10, 11, 12,

- De type 3 chambres + salon,

- Environ 2400€ par mois charges comprises,

- Le tout à partir de Juillet,

- Nous sommes propres, actifs et non fumeurs. Et un peu geeks.

vue d’artiste de cette colocation.

Si vous avez vent de ce genre de joli appartement, n’hésitez pas à me contacter via mail ou facebook. Vous serez invité à notre pendaison de crémaillère !

Ne regarde pas en bas

15 May 2012 à 11:02 42 commentaires

Il y a ce cadre retourné, face contre terre.

Je le vois tous les jours, posé sur la commode de ma chambre – et je sais que je ne dois pas le relever.

Comme on marche sur un pont suspendu très haut, en se disant “ne regarde surtout pas en bas, ne regarde surtout pas en bas“.

Du coup je n’ose pas non plus le bouger, ce hublot sur notre passé, qui devient avec le temps un artefact inamovible de mon environnement de transition, doté d’une importance et d’une pression un peu ridicules.

J’attends juste le moment où je pourrais le relever et le ranger, sans que la vue ne me fasse tomber de vertige. J’y travaille.

Et… hop

5 May 2012 à 11:42 63 commentaires

Je suis au bureau, pendant qu’elle déménage ses dernières affaires de notre appartement.

Ce sont, je pense et j’espère, les ultimes moments du fond que j’ai touché ces deux dernières semaines. A partir de maintenant, ce ne sera que remontée et nouveaux projets, qui seront mon impulsion vers la surface, le petit “hop”.

Un très grand et très sincère Merci à vous, famille, amis, collègues, lecteurs, inconnus, qui m’avez sauvé avec vos messages simples, forts, et votre générosité dans le partage de vos expériences.

Merci et à très vite.

Actuellement, mon coeur bat si fort qu’il fait résonner tout mon corps et m’empêche de dormir.

Comme une enième alarme pour vous partager ce qu’il m’arrive depuis un mois et demi.

Dimanche dernier, je me suis décidé, cliqué sur un billet pour Bali. 10 jours, départ ce matin, aucune préparation, un sac à dos pour seul bagage. J’ai décidé de partir car depuis quelques temps, mon corps me lâche : migraines, courbatures, insomnies, fatigue, perte de 3 kilos,  tremblements incontrôlés et surtout, un cœur qui bat aussi vite qu’il bat fort. Tout le temps.

Moi qui suis sportif, ne fume pas, boit peu, ne me drogue pas et mange bien, c’est une première. Une volée d’escalier et me voici à bout de souffle. 100 mètres de marche du métro au boulot et je me tiens la poitrine. Et parfois même sans raison, me voici essoufflé.

Grosse frustration pour ma médecin de maman, j’ai toujours été du genre à encaisser les maladies et douleurs sana vraiment agir. En demie-auto-dérision, je dis souvent “t’inquiètes pas, je vais contracter fort les muscles et tout ira mieux”. Sauf que là, non.

Ma mère s’y est mise, un labo d’analyses s’y est mis, une cardiologue s’y est mise, un autre labo s’y est mis, une seconde cardiologue s’y est mise. Histoire de comprendre pourquoi mon coeur bat en 90 et 110 pulsations par minutes et ce, “au repos”. Et qu’il bat si fort que je ne peux plus dormir sur le côté comme d’habitude, mes oreilles sentant la vibration que le coeur transmet à mon lit.

Les raisons avancées au départ, elle tiennent toujours aujourd’hui : je fais un bon gros burn out des familles, à force d’empiler projets, travail et activités personnelles. J’ai été sous grosse pression en début d’année pour Lense. Le happy end est arrivé, mais cela m’a laissé des traces. Et puis, comme certains d’entre vous s’en sont doutés, mon couple traverse une crise.

Je ne vais pas entrer dans les détails (pour elle, pour nous), mais disons qu’elle m’aime moins, tout bêtement. Cela me dévaste de tristesse. Je pleure beaucoup, souvent seul, parfois devant elle, je regarde le plafond en essayant de péniblement me réveiller, en essayant de péniblement me coucher. Elle est en voyage, là, pour 3 semaines avec sa soeur. Je suis seul chez nous avec mon cœur meurtri à tous les sens du terme.

Si le stress professionnel et personnel entraînent une somatisation, je ne comprends cependant pas les symptômes observés. Généralement, la pression ou la colère me compressent la cage thoracique, me démangent les molaires (si si), me font un peu trembler. Ma tachycardie continue est ici une première.

Avant-hier, Lise, ma seconde cardiologue a trouvé. Après m’avoir vu une première fois, pratiqué un électro-cardiogramme, froncé les sourcils, lancé un second  électro-cardiogramme, elle m’a renvoyé vers un labo pour un second bilan sanguin avec différents tests. Puis m’a prescrit un Xanax, le médicament que je croyais que les MILFs américaines se droguaient avec. Et je suis retourné la voir, un peu étourdi.

Pendant que j’étais couché avec plein de pinces et de ventouses mesurant mon corps, elle était au téléphone avec le labo, venait me voir, repartait, revenait, lançait un nouveau test, rajoutait du gel à échographie sur mon cœur. Puis m’a dit de me rhabiller et de venir à son bureau. Elle – et donc je – a rapidement tué le suspense pour me rassurer.

Je ne vais pas mourir d’une crise cardiaque, en voilà une nouvelle qu’elle est bonne. En fait, mon corps et mon cœur sont déréglés par ma thyroïde, gonflée et produisant trop d’hormones. Je fais une hyperthyroïdie, selon l’appellation officielle.

“C’est grave docteur ?”

“Dans votre cas, cela semble aller, il faudra retourner demain en radiologie pour analyser votre thyroïde et retourner en laboratoire pour un nouveau bilan sanguin qui permettra d’analyser votre TSH, FT3 et FT4.”

“Donc c’est un syndrome connu ?”

“Oui et d’ailleurs, c’est étrange, il est surtout répandu chez les jeunes filles assez émotives !”

Nous avons bien ri (vous aussi, j’espère, c’était l’instant léger de ce post). J’ai moins ri lorsque, au téléphone avec un collègue endocrinologue, elle m’a confirmé qu’il fallait que j’annule mon voyage à Bali.

“Votre traitement sera “chiant”, pour dire les choses honnêtement. Le traitement d’une hyperthyroïdie est long et ce, juste pour trouver le bon dosage, il existe de plus des effets secondaires, vous devez subir un check au minimum toutes les semaines et…”

“Et ?”

“Et bien, votre électro-cardiogramme est vraiment étrange. Pour tout vous dire, il ressemble à celui d’un infarctus.”

Je suis devenu encore plus pâle, malgré les mots rassurants de ma cardiologue : mon diagnostique ne signifie pas forcément que je risque un infarctus sous peu. Ce matin, la radiologue m’a également rassuré, je n’ai pas de nodules qui auraient compliqué l’état de ma thyroïde et ma guérison. Ma mère, qui me prodigue moult séances d’acupuncture et d’hypnose, se veut également positive. Après des semaines de discrétion, j’ai commencé à en parler à mes proches, et maintenant vous, cela me soulage.

Et ça me soulage aussi de poser un nom sur la maladie me fait poser genou à terre. Même si la guérison et le traitement prendront des mois, même si je croule sous les cachets aux effets secondaires plus ou moins désirables, même si je ne peux plus partir hors de portée de mon futur endocrinologue plus de 6 jours, même si je déteste me voir physiquement en ruine, j’ai l’impression de donner la petite impulsion depuis le fond que je viens de toucher.

Reste maintenant l’autre mal qui me ronge mentalement et physiquement, celui qui échappe à toute radio et prise de sang : je suis seul chez moi, loin de ses yeux, loin de son coeur. Toute ma volonté et toute la science restent impuissants face à cette autre souffrance du coeur.

update : merci, merci, merci.

update 2 : j’en ai pour 18 mois à 2 ans de traitement, avec une prise de sang toutes les semaines les deux premiers mois. MAIS, mon médicament s’appelle PropranoLOL.

C’est décidé dans (et sur) ma tête : en 2012, je coupe mes longs cheveux.

Ma crinière il y a 6 ans. Elle est encore un peu plus longue aujourd’hui.

Fini donc mon chignon, les méta-noeuds avec leurs conséquences désastreuses et autres confusions sur mon sexe.

Plus sérieusement, j’ai décidé de couper mes cheveux car je les aime bien, mais sans les idolâtrer non plus. Un pote de lycée (celui qui jouait de la guitare) qui avait les cheveux longs de la classe, m’avoue avoir versé une larme lorsque le coiffeur a passé le premier coup de ciseaux. J’ai l’impression d’être loin de ça. Et puis, je m’étais déjà posé la question auparavant.

Reste une question, qui se transforme évidemment en jeu : Comme j’ignore toujours quelle coiffure je dois adopter, je vais m’amuser à tenter un maximum de coupes de cheveux, depuis ma longueur actuelle jusqu’à un crâne entièrement rasé, en passant par le carré, la frange, la Bieber, la crête, la Finlandaise, la nuque longue, la brosse des années 90, les dessins, ma coupe au bol d’enfance etc. Tout. Je choisirai plus tard quelle coupe adopter (mes cheveux poussent TRÈS vite).

Et puis, ça pourrait faire une vidéo marrante.

Pfiou, c’est bon je l’ai dit, je dois le faire. Ce sera cool.

(* hommage aux meilleurs jeux de mots des salons de coiffure)

Entrer, sortir

16 Mar 2012 à 15:56 82 commentaires

Ces deux-là, c’est pour égayer le post :

Ce sont aussi deux entrées fracassantes pour annoncer ma sortie : j’ai besoin de partir. Seul, au Soleil.

J’avais mon sac sur le dos la semaine dernière en commandant mon billet pour Bali sur LastMinute, et puis j’ai vu la météo : instable. Un peu risqué, à 800€ le billet d’avion.

Une semaine plus tard, j’ai toujours besoin de partir loin, vivre nu et seul pendant une semaine au soleil et revenir samedi prochain pour l’anniv’ d’un pote, où je me limiterai à doser du jeu de baston et passer de la musique jouissivement merdique.

Des idées de destinations ensoleillées, départ demain retour samedi 24 ? Pour vous remercier de vos suggesion, j’ai caché deux gifs de jolis boobs dans ce post.