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Ça parle clairement de Moi

Sortie de cocon

3 Sep 2012 à 21:51 25 commentaires

Il y a cinq mois, j’arrêtais le volley, par un apparent manque de forme

Il y a quatre mois, on me diagnostiquait ma maladie et je perdais un peu plus de 5 kilos

Il y a deux mois, je reprenais le sport (ceux auxquels j’avais droit).

Il y a un mois, je suis revenu à mon poids d’origine, avant de stagner à +1 kilo

Ce soir, j’ai repris le volley.

Ma vie personnelle reprend forme, sur le plan physique. Sur le plan moral et sentimental, je suis aussi en rémission.

J’ai rencontré une fille et je vous en ai un peu parlé : Miss lasagnes. Même si elle compose avec ma pudeur et mes blocages encore présents, même si elle m’a connu avec une gueule émaciée et le corps malingre, elle est là. C’est vraiment très touchant, surtout qu’elle si je sais qu’à la base, je ne cherche personne. L’expérience AdopteUnMec a d’ailleurs tourné cours : j’ai répondu aux mails, j’ai discuté avec des filles très chouettes et puis je n’ai plus lancé l’application depuis des semaines. Pas envoyé un seul charme, comme ils disent.

Ce n’est pas seulement car je vois une personne pour laquelle j’ai des sentiments. C’est aussi que je suis dans un état où l’amour, le sexe et la séduction ne sont pas une obsession. Je pensais que redevenir célibataire pour un bout de temps allait poser ces enjeux au centre de ma vie. C’est ce que pensent tous les mecs maqués.

Mais ceci n’est qu’une composante de reconstruction. Avec la santé, l’argent, les copains, l’épanouissement personnel. Je me suis fixé des objectifs clairs pour ces points là : atteindre tel poids, gagner tant dans tant de temps, faire ceci.

En amour, je me sens parfois un peu perdu. Je souris dès que je la vois, dès qu’elle me prend dans ses bras. Mais je sais aussi que de côté là, j’émerge encore. Pas pour aller voir ailleurs. Pas pour regarder en arrière (ça m’arrive encore, lorsque mon esprit se perd). Non, j’ai juste besoin de regarder dans le vide, sans direction ni origine. Ca me détend, j’en ai besoin. Comme une personne nouvelle sortant d’un cocon, encore prise dans un voile et du liquide amniotique. Encore un peu aveuglée par sa nouvelle vie.

Impatient pour le reste, je vais prendre le temps d’éclore, de ce côté-là

Durant mes vacances à Tenerife, je me suis entraîné dans un lieu étrange. Un complexe sportif sophistiqué – et désert : T3.

Projet étrange et/ou lubie du millionnaire du coin, ce centre sportif se veut d’abord comme une retraite ensoleillée accueillant les équipes, clubs et sportifs de haut niveau en stage ou en rééducation, avec tout ce qu’il faut : piscines olympiques (petit et grand bassin), piste d’athétisme, terrains de football, de tennis, de beach volley, salle de muscu, de soins, de physiothérapie… La totale, quand les sportifs sont là.

Car hors de leurs semaines de présence, T3 reste très dur d’accès pour les non-résidents de l’île : 35€ la journée, plus cher que Disneyland.
Après moult négociations, j’ai pu m’y entraîner quelques temps, dans une ambiance assez surréaliste : j’étais globalement seul.

Des terrains entiers déserts, des profs et formateurs qui regardent les J.O à la télé. Je me suis ainsi souvent retrouvé à nager et faire mes abdos dans un silence de cathédrale.

Si j’étais adepte d’Urbex, je trouve ce concept encore plus fort : des lieux encore vivants, pas encore abandonnés, mais pourtant vides, comme déjà condamnés.

Bon allez, une collector : j’ai attendu 8 minutes pour arriver à me prendre en photo avec une autre personne qui faisait ses longueurs en même temps. Une fois, nous étions jusque quatre.

C’était en tout cas hypnotique. J’y retournerai dès que possible.

Ahh

5 Aug 2012 à 5:18 9 commentaires

’twas cool. Thanks Mum.

Doctor Mum

30 Jul 2012 à 15:17 24 commentaires

Aux dernières nouvelles, il m’était déconseillé de partir en vacances. Ou alors pas trop loin, pas trop longtemps.

Il faut que je reste à portée de médecin, au cas où. Du coup, mon médecin traitant a trouvé une feinte : c’est aussi ma mère et nous voici partis une semaine à Tenerife, pour ne rien faire d’autre que nager en eau douce ou salée, manger beaucoup, lire tout ce que je n’ai pas eu le temps de lire. J’ai pris le minimum vital.

Merci docteur.

Adopte un Monsieur

20 Jul 2012 à 13:13 55 commentaires

A force d’en parler avec des amis qui me chauffent, je me suis inscrit sur un réseau de rencontre, Adopte Un Mec.

(je vous épargne mes considérations personnelles et torturées sur la drague en ligne)

J’y ai mis ma photo habituelle, mes informations personnelles, une description expliquant que je veux juste discuter (si, j’y crois).

J’ai même monté un clan (on ne se refait pas), les “Francs-Maçons du Coeur”. Un gage de mecs bonne ambiance, avec Dopple et W.Allen, parrainé Navo, la légende vivante de ce réseau (lisez donc les testimonials de l’appli iPhone).

Mes premiers mails ?

- “F.A.K.E.”

- “Quelqu’un se fait passer pour toi”

- “Tu as un beau (fake) profil sur adopte :D” (via Facebook, avec la capture ci-dessus)

- “Votre photo viole nos conditions générales d’utilisation“, mail officiel d’Adopte Un Mec.

Ensuite, je ne pouvais plus accéder au site, le temps que Navo ne fasse authentifier mon compte et mes bonnes intentions.

Donc, c’est bien moi, apparemment précédé par ma réputation d’ermite midinette qui préfère rester chez lui à jouer aux jeux vidéos et écrire. Mais personne ne m’a cru et je me fais report as spam / fake.

Bon beh, je reviendrai plus tard.

Ce soir, j’ai esquivé des soirées.

“Hey, tu sors ce soir ?”

“- J’aimerais bien, mais je dois absolument terminer ce projet.”

La vérité, mais pas toute la vérité.

Je bosse sur un gros projet, en ce moment. Il me prend mon temps, mon attention, mon énergie et j’aime ça. Pour le projet lui-même bien sur, mais aussi parce qu’il me sert de couverture : je peux rentrer chez moi, rester seul.

Depuis que je suis célibataire, je me suis promis de retrouver un physique, mais aussi une vie sociale. Et pourtant. Et pourtant, je ne me sens pas d’attaque de bouger, de butiner, de prendre des verres et de rencontrer des gens. Je fuis. Par contre, faire du rameur, jouer à Street, ah là, aucun problème.

Le Confort, quelle Lâcheté. Et inversement.

J’ai repris le sport.

Enfin, la salle de sport, je n’ai pas encore le droit de faire du vrai sport, rapport à mon coeur.

La recherche du rapport “contrôle de l’effort / résultats sur l’égo” optimal m’a mené à la muscu classique. Après plusieurs essais, j’ai atterri ce soir au Club Med Gym de Palais Royal. C’était comme je l’avais imaginé : déprimant.

Une salle bondé de gens qui courent, pédalent dans le vide. La notion de “fin de race, bout de civilisation” a toujours été associée pour moi à un homme en bonne santé, en bonne situation, qui court sur un tapis roulant, regard dans le vide au milieu de dizaines d’autres.
Nous sommes tous là, êtres urbains, à suer, se préparer pour l’été, pour un rdv, rester un élément physiquement alpha de la meute.

Au milieu des muscles atrophiés, des ventres qui veulent devenir plats et des casques Beats (je ne comprendrais jamais l’hérésie de suer avec un énorme truc comme ça sur les oreilles), me voici.

Je suis encore maigre, pas loin d’être malingre, j’ai une mine plutôt catastrophique. Donc j’ai la motivation gonflée à bloc, elle : Ne plus jamais me voir comme ça. Ne plus jamais être physiquement faible. Alors je rame, je soulève de la fonte, tire des cordes, enchaîne des abdos.

Toutes mes considérations philosophico-sociales précédentes, je les bouffe, je les mâche. Le besoin de me plaire, de me réconcilier avec mon égo est plus fort que tout. Je déteste la muscu pour la muscu mais pour le moment, elle fera l’affaire. Le temps que je récupère de la chair, avant que je puisse enfin tâter du ballon, chausser gants et protège-dents. Le vrai sport.

J’écoute de la power-song à fond, je regarde mécaniquement (et naïvement) les résultats dans le miroir après chaque série, je souris quand je commence à souffrir. Parmi la centaine de personnes qui comme moi, enfermées dans leur casque audio, suent seules en tête-à-tête avec leur vanité.


Et je repense ce shoot pour Divide

.

Dans la nuit de Paris

Baladant ma petite valise
Me voici entre deux abris
Le temps d’un été d’une brise

Au revoir Oberkampf, bonsoir Montorgueil.

Me voici en transition, serein

Une nouvelle chambre encore vide
Un ex-appartement encore plein
Et l’envie urgente de me poser, vite

Dans les nuits de Paris.

Après une rupture, certain(e)s retournent chez leur mère. Moi, je retourne en coloc’.

Avec deux très bons amis embarqués dans l’aventure, nous cherchons donc :

- Un appartement dans Paris 1, 2, 3, 4, 9, 10, 11, 12,

- De type 3 chambres + salon,

- Environ 2400€ par mois charges comprises,

- Le tout à partir de Juillet,

- Nous sommes propres, actifs et non fumeurs. Et un peu geeks.

vue d’artiste de cette colocation.

Si vous avez vent de ce genre de joli appartement, n’hésitez pas à me contacter via mail ou facebook. Vous serez invité à notre pendaison de crémaillère !

Ne regarde pas en bas

15 May 2012 à 11:02 42 commentaires

Il y a ce cadre retourné, face contre terre.

Je le vois tous les jours, posé sur la commode de ma chambre – et je sais que je ne dois pas le relever.

Comme on marche sur un pont suspendu très haut, en se disant “ne regarde surtout pas en bas, ne regarde surtout pas en bas“.

Du coup je n’ose pas non plus le bouger, ce hublot sur notre passé, qui devient avec le temps un artefact inamovible de mon environnement de transition, doté d’une importance et d’une pression un peu ridicules.

J’attends juste le moment où je pourrais le relever et le ranger, sans que la vue ne me fasse tomber de vertige. J’y travaille.