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Ça parle clairement de Photo

Au Cambodge

10 Jan 2013 à 0:38 15 commentaires

 

Impossible de dormir, donc :

Une de mes grandes théories dans la vie, c’est que le Japon, après avoir digéré toute la culture occidentale dans les années 70-80, est devenu son avant-garde et nous regurgite les grandes tendances à venir. Si vous avez un des premiers numéros de Standard, je développe la chose. Sinon, nous en parlerons plus tard, autour d’un verre.

Les japonais, donc. Et la Photo.

J’ai grandi dans une culture où le japonais était défini comme un touriste coincé qui mitraillait tout ce qu’il voyait, non stop avec son appareil photo. Et faisait des petits signes de la main, genre les doigts de la victoire. Ah, que ma société, ma civilisation se moquait d’eux au XXe siècle.

Et puis, voilà le XXie siècle, celui de l’explosion de l’image. En 2011, il a été pris autant de photos que de la naissance de la photographie à 2011. Yep.

Et je vois tous mes amis, collègues, des inconnus, tout le monde shooter à tout va, non-stop. Leurs pieds, leur repas, leurs gadget, leurs reflets, leurs écran, leur looks, leurs achats, leurs bébés, leur visage, surtout. Avec plein de symboles “coeur”, “victoire”, “wesh”, formés par les mains. Sans oublier le Duck Face.

Evidemment, les conditions ont changé et le partage numérique de notre siècle a changé la donne. Mais je trouve cela amusant – et un peu amer – de voir que toute une époque, avant  se moquait de ces touristes nippons. Eux qui photographiaient avec le sentiment d’excitation et d’urgence ce qui était sûrement leurs uniques vacances en France. Quand les gens d’aujourd’hui mitraillent surtout leur quotidien, qui est devenu en général le centre d’intérêt de notre époque.

Je ne jette la pierre à personne, étant moi-même un photographe compulsif. J’étais juste d’accord avec l’approche des touristes nippons : tant de moment, tant d’opportunités de les immortaliser. Ils avaient raison et aujourd’hui, le monde shoote autant qu’eux.

Je vous laisse avec l’une des nouvelles tendances de la photo : le Cinemagraph, dont voici le mien produit sur l’Instagram du genre, Kinotopic.

 

Si j’assume mon côté progressiste assumé et que le viseur électronique de mon NEX 7 présente d’innombrables avantages, je suis toujours subjugué par la sensualité d’une visée moyen format.

Ce Blad 503 (appartenant au photographe Baudoin, checkez donc le nouveau magazine Neon) en est un exemple parfait : je pourrais passer ma vie les yeux plongés dans cet immense viseur de poitrine, qui incarne le meilleur du passé.