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Ça parle clairement de cheval

Way Of Ride

18 Oct 2011 à 16:50 19 commentaires

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Ca s’appelle Dryhead Ranch, et c’est au bout du monde : au bout de deux heures de route en terre rouge au coeur du Montana. Un ranch qui dresse les chevaux, élève des vaches, les vend. 1000 têtes auxquelles s’ajoutent 25 chiens omniprésents.

Le Dryhead accueille quelques invités chaque année, pour travailler avec eux. Pas d’enfants, pas de débutants, pas de balades touristiques. C’est un mélange de maison d’hôte et de partage du travail. Réparer les dizaines de kilomètres de grillages, trier les bêtes, ramener les jeunes étalons et les juments au ranch. Petit déjeuner à 7h00, déjeuner souvent en extérieur et dîner à 18h30 débutent par une immuable prière. Amen. Tout le monde fait la vaisselle, tout le monde reprend de la spécialité de Jacky, la glace au Root Beer.

La propriétaire n’est jamais sortie du Montana. Mais comme sa fille de 16 ans le dit, “nous voyageons en faisant connaissance avec nos guests”. Et les amis de toujours, qui viennent passer de quelques semaines à quelques mois. Il y a le vieux beau qui parle comme le cow boy de Big Leboswky, les filles et beaux-fils, le jeune homme qui malgré sa vie de geek vivant à Los Angeles, revient immanquablement tous les étés depuis 20 ans.

Il y a aussi ces paysages infinis qui ont donné corps à “The Horse Whisperer” ou “Brokeback Mountain”. Des vallées et canyons surmonté d’un temps qui change constamment. Soleil, pluie soudaine, nuages, Soleil écrasant, ciel immense “Big Sky Country”… Chaque journée semblait en contenir des dizaines. Le temps passe plus calmement. Pas plus lentement. Plus calmement, doucement balancé sur son cheval. Le regard au loin, les bouts de discussions, les bouts de gras tapés dans sa sacoche, toujours au rythme du déhanchement de son cheval.

 Des chevaux partout, au quotidien, domestiqués ou sauvages, obéissant à la moindre inclinaison, au feeling. Des chevaux que l’on équipe le matin, que l’on monte la journée et  qu’on laisse repartir en liberté dans les prairies le soir, en expliquant à nos hôtes héberlués qu’en Europe, les chevaux vivent enfermés dans un box de 9m².

Si je sais plutôt bien monter, j’étais clairement le plus néophyte. Ces instants de rush, lorsqu’il faut stopper une vague de chevaux non domestiqués qui dévient de leur chemin se cavalent droit vers vous, tenir en respect certaines fortes-têtes voulant mordre votre monture. Rentré au ranch, je regarde dans l’enclos à en oublier (encore) le temps ces jeunes cowboys, à peine 15 ans et déjà pros, manier le lasso, travailler les chevaux sauvages. Autour d’eux, les guests admirent, les anciens jugent. Le temps s’arrête. Il paraît que le jeudi, il y a entraînement pour les compétitions de rodéo. Auxquelles le vieux beau a participé, à en juger la boucle de ceinture / prix qu’il porte toujours.

Mais nous n’avons pas vu Jeudi. A peine quelques jours et il faut déjà rentrer en France, avant les autres. Sur la route rouge du retour, elle avait les yeux perdus dans le paysage infinie, la civilisation qui revient progressivement. Dans ses yeux, l’envie claire de revenir “travailler” quelques mois l’année prochaine. Quelques mois sur un cheval au bout du monde, hors du temps.

(Merci, Axel)

Ride

15 Aug 2011 à 16:31 16 commentaires


(version 2560 x 1700 ici)

De retour au bureau un 15 Août, mais oui.

Je ne ressens pourtant aucune frustration, mes vacances étaient largement suffisantes.
Et ma tête est encore un peu là-bas, en selle.

Je pars en vacances Lundi prochain (joie).

D’un reportage à Seattle, je monte en voiture sur Vancouver et son île avec ma chérie. Puis nous irons nous poser dans un ranch en Idaho faire du cheval dans les parcs et les montagnes. On aurait même pu pousser à prendre un petit vol intérieur pour Juneau, en Alaska (joie joie).

Ma chérie et moi en vacances dans le nord ouest américain (vue d’artiste).

Ca, c’était dans nos rêves de petits glandus naïfs qui pensions débarquer là comme on part en Week End à Oléron. Pas de chance, nous épluchons depuis deux jours à peine les lieux, festivaux, routes etc. Et déchantons. (angoisse)

- L’Alaska ? Chère et galère sans préparation.
- Un bon ranch bien roots qui permet des randonnées à cheval de plusieurs jours ? Introuvable.
- Seattle et Vancouver ? Rien préparé.

Du coup, nous voici comme de bons pieds nickelés qui partons dans 4 jours sans préparation ni réservation aucune.

Si vous connaissez un peu ces coins (Seattle, Vancouver, Île de Vancouver et les ranches pour rider des chevals), n’hésitez donc pas à partager vos bons plans… Les glandus que nous sommes ne les méritons vraiment pas, mais qui a dit que le monde était juste, hein ?

Tristes destriers

8 Sep 2008 à 5:54 42 commentaires

Ca y est : j’entends les oiseaux et les premiers véhicules qui commencent à alimenter la ville. Mon appartement est plongé dans le noir complet, mais je sais déjà que le jour va venir l’éclairer lentement, crûment de sa lumière blanche. La fin de ma traditionnelle nuit blanche pré-départ pour un reportage ou presstour.

Je cherche une image qui pourrait symboliser l’ambiance du moment et il y avait évidemment ce cheval, rencontré lors du mariage de Grabu.

horse power

C’était à la tombée du jour, dans les écuries jouxtant le bâtiment des festivités.

Dans son box, il me tourne le dos. Il ne bouge pas pas, ne réagis à aucun de mes appels, des bruits habituels que l’ont fait avec la bouche pour attirer l’attention de ces animaux. Il reste dans la pénombre, je le devine éveillé mais contenu.
Et sa carrure massive et musclée révèle la puissance incroyable de ces animaux. Impressionné et respectueux, je le laisse dans sa pénombre et me dirige vers le box voisin.

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horse head

Aussi haut au garrot, ce dernier est plus affable et se laisse approcher par les enfants venus nous rejoindre. Il possède l’autre caractéristique hypnotique des chevaux : la tristesse et la douceur infinie de leur regard.
Je me demande toujours ce qu’il se passe dans la tête de ces animaux, on les croirait toujours si dignes et si résignés…

J’ai toujours adoré trainer ou monter à cheval, mais croiser le regard de cet animal m’a toujours fait éprouver une forme de culpabilité à les exploiter de la sorte…

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Ca y est : je divague et en attendant, la nuit vire au rouge sombre, avant de bientôt tourner au blanc froid. Il est vraiment temps de faire mes valises et m’envoler encore un peu trop loin. En attendant, je me blottis encore un peu dans la pénombre, il y fait vraiment bon.

Et aussi : Rrrr