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Ça parle clairement de kontrol F1

En assistant récemment à un showcase du groupe C2C, j’ai remarqué une nouvelle tendance chez les performers de musique électronique : incliner leurs “instruments” vers le public.

 

Le set up de C2C, incliné vers le public.

Longtemps, un live sans vrai instrument sonnait un peu comme un set de DJ, pas plus. Les performers opérant sur des MPC et autres interfaces électroniques voyaient leur créativité assez mal représentée, tout en étant souvent et péjorativement appelés “button pushers”. Evidemment, la tournée Alive de Daft Punk a donné un grand coup de fouet aux performances EDM (Eletronic Dance Music).

En parallèle, le mouvement Controllerism a mis en avant ces dernières années de nouvelles manières de jouer la musique, avec des interfaces nouvelles, toute reliées à un soft de musique : matrices, platines, mixettes, surfaces tactiles…

Et il est amusant de voir que les artistes étendards du moment adoptent une nouvelle scénographie pour montrer leur art et leur skill, en inclinant leurs appareils vers le public. Terminé, le plateau de contrôleurs horizontal, voire tourné vers l’artiste et qui crée une barrière avec le public. On remet la performance en lumière, comme pour prouver plusieurs choses :

Non, la musique assisté par ordinateur ne signifie pas qu’il n’existe plus de performance.

Oui, les nouveaux instruments permettent de repenser la musique et les performance Live

La preuve par trois, avec :

C2C donc, qui prolonge clairement son héritage de compétiteurs DMC. On retrouve leur platine (comment le diamant tiens à un tel angle ?), leur table de mixage et Traktor, géré par un Kontrol F1.

 

Madeon, le petit génie d’Ableton Live, qui s’est rendu célèbre avec son fameux “Pop Culture“, qui a popularisé les interface des type Novation Launchpad comme réel instruments de musique. Il joue en live avec trois de ces controleurs penchés vers le public, plus un habillage visuel qui joue clairement sur l’esthétique d’une matrice de pads.

Glitch Mob, trio américain rendu célèbre par leur “We Can Make The World Stop” habillant une pub gopro, morceau débutant ici à 4’57. Au programme, un écran tactile, des percus et de bonnes vieilles Akai MPD.

Paradoxalement, ce positionnement nuit à l’ergonomie, la visibilité et logiquement, la performance de l’artiste, imaginez ce genre de contraintes pour un pianiste…
Il serait donc amusant de voir cette inclinaison se généraliser chez les DJs et controllerists, prêts à sacrifier leur confort (et leurs poignets) pour prouver ce qu’ils valent au public.

Je suis en tout cas enthousiaste de voir ce mouvement forger ses lettres de noblesse sur des scènes bien vivantes : voir les génies du genre à l’oeuvre reste tout aussi impressionnant que nos bons vieux guitar heroes.