31
AUG

Mathilde Serrell x Twitch : C’est la vidéo qui fait bien le tour du web, vu qu’elle en parle mal.

Une “nouvelle addiction du web“, la formule, déjà culte, annonce déjà a peu près tout ce qui va suivre.

Je vous invite à prendre une tisane-Xanax et regarder (pour la seconde, la vingtième fois ?) Le Grand Journal nous parler de Twitch, la plate-forme star des gamers :

Lire le reste de cet article »

31
AUG

L’Eté agité (foireux, dirons certains) n’a pas épargné Barcelone ces derniers jours. Heureusement, nous sommes partis durant une période clémente et les quelques nuages ou averses ont plutôt participé à rafraîchir et rythmer la ville qui, le reste du temps, est restée fidèle à sa routine : chaude et ensoleillée.

Lire le reste de cet article »

28
AUG

Les filles disent souvent “mais pourquoi je tombe toujours sur des cas sociaux losers ?

Les mecs disent souvent “mais pourquoi je me tape toujours des hystériques insécurisées ?

C’est peut-être parce que, lorsque, après la phase de séduction et de “mais tout est parfait, c’est dingue”, on prend confiance et on s’ouvre.

On se dévoile, on se met un peu plus à nu et on se montre tel qu’on est : cassés, avec des failles. Cas sociaux, hystériques. Filles et garçons, tout le monde, c’est comme ça qu’on est faits – imparfaits plus ou moins pétés.

Et que parfois face à ça, il est plus aisé de prendre la fuite, en emportant ses propres fêlures et laissant l’autre avec la responsabilité de l’échec.

En gros, mieux vont les choses et plus la relation est en danger. Bienheureux sont ceux qui arrivent à se montrer et à regarder l’autre, nus.

Et donc oui, vous avez de grandes chances de toujours tomber sur des losers et des hystériques, parce qu’ils sont comme vous.

Je referme les portes ouvertes que je viens d’enfoncer. Mais l’important, c’est de les voir, bonsoir.

22
AUG

Lire le reste de cet article »

20
AUG

Ah, Sleep No More.

La fameuse et unique performance théâtrale que j’ai enfin pu vivre.

Toute la beauté de Sleep No More réside bien évidemment dans sa découverte la plus brute possible, je ne vais donc pas vous en faire la bande annonce qui claque tout.

Juste pour vous partager – sans rien spoiler – quelques ressentis et analyses de ce genre de projet, qui me fit déborder d’admiration, tout en me faisant frôler l’entorse mentale devant l’ampleur et la complexité du projet.

Le point de départ : vous allez naviguer librement et masqués dans une pièce de théâtre singulière, puisqu’elle remplit durant près de 3 heures toute une reconstitution d’hôtel de 5 étages, avec toutes les conséquences d’ubiquité et de non linéarité qui en découlent. Libre de vos déplacements, vous verrez ce qu’il se déroule devant vous et manquerez ce qui se déroule ailleurs, au même moment.

Oui, les personnages masqués, ce sont les spectateurs. Photo : Robin Roemer

Les valeurs ensuite défendues par Sleep No More prennent tellement à rebrousse-poil notre époque qu’elles en deviennent aussi excitantes qu’effrayantes. Si vous jouez le jeu,

Vous serez seul, isolé de vos proches, masqué
Vous n’immortaliserez, ne filmerez, ne partagerez rien
Vous manquerez des pans entiers de l’intrigue
Vous serez perdus, à tous les sens du terme
Vous serez fatigués, à tous les sens du terme
Vous serez voyeur, tout en étant gêné par le voyeurisme des autres
Vous pourrez approcher les acteurs, ils vous bousculeront parfois
Vous pourrez toucher, manipuler, explorer le décor
Vous aurez peur, sans ne jamais sursauter
Pas d’applaudissements, pas de mots : vous ne communiquerez pas

Avec Jules et Maïa, nous sommes évidemment ressortis de cette immersion abasourdis et chacun avec nos propres morceaux d’histoires et nos questions pour les deux autres, formant notre expérience unique. Qui a vu quoi ? Qui s’est attardé où ? Qui a manqué volontairement un noeud de l’intrigue juste pour éviter la foule de masques et vaquer seul ? Qui a crée ses propres scénarios de chaque performance, à défaut de capter le scénario principal ? Qui a suivi un même personnage du début à la fin ?
Quelques heures plus tard, je continue de trembler et de bouillonner sur l’ampleur de cette performance et les possibles qu’elle pourrait engendrer. C’est proprement dingue.

Si vous avez la possibilité de vivre Sleep No More, comment le dire le plus honnêtement et fermement possible : foncez, entrez, laissez-vous porter et ressortez bouche bée.

18
AUG

Pour les besoins d’un shooting dont je vous reparlerai, me voici 3 jours à New York, pour bosser avec Jules Pajot.

Nous voici donc ce matin, comme de vrais freelances, en train de travailler dans un de ces petits cafés branchés, au sens cool et au sens wifi du terme.

Cette imagerie du bureau on the go, de third place popularisée par Starbucks peut évidemment paraître surestimée, ou sortie d’une vidéo promo typique d’un nouveau réseau social. Mais dans les faits, j’ai toujours aimé bosser dans les cafés.

Déplier son bureau, se connecter, commander beaucoup de munitions caféinées et calorifiques, se faire à l’ambiance du jour et bosser avec la rue comme vue. La combinaison de familiarité (ton ordinateur) et de d’inconnu (ce nouveau lieu, cette nouvelle ambiance) invite la concentration et repousse la routine.

De là à remplacer à un vrai bureau, non. Mais comme un petit week end Air BnB, il est bon de régulièrement se poser autre part, pour bosser avec le minimum d’équipement et le maximum de dépaysement.

14
AUG

Beaucoup de trop de disparus précoces, cet Été. Donc, du rire.

Dans la vie, il existe quelques formes d’humour qui me font et feront hurler de rire à coup sûr. 100% de réussite garantie :

5. Les gens qui tombent par terre

4. Les sourires Nutella

3. La crasse à un(e) pote qui dort

2. La blague des steaks qui se sont cachés

1. La photo “glamour” ruinée au stylo BIC (ici, l’oeuvre de mon frère)

8
AUG

« J’avoue, je triche un peu. »

Dans le vol low cost qui m’emmène chez ma mère à Tenerife, la femme devant moi sourit malicieusement, mi-coupable, mi-fière. Nous échangeons depuis quelques minutes à propos du fameux jeu vidéo 2048.

J’ai remarqué ma voisine et son obsession dès l’installation dans nos sièges. Assise, attachée, elle dégaine immédiatement un iPad Mini et lance le jeu qui a scotché des millions de personnes.

Faisant partie des amateurs assez avertis de 2048, je comprends très vite que cette dame n’est pas une simple amatrice. Son rythme d’exécution, sa technique d’empilement des petits chiffres, de calage des grosses rangées, sa hiérarchisation des valeurs et des espaces, la rapidité à atteindre le chiffre 2048 – et le manque d’émotion lié à ce “Graal” en sont les preuves : elle squatte grave le jeu.

Piqué de curiosité, je profite de mon retour des toilettes pour engager la conversation, sur la base du hi-score affiché, 36000 points, score dans la moyenne, mais pas fou. Elle me sourit immédiatement :

« C’est le score sur l’iPad, je suis beaucoup plus haut sur mon PC ! »
« - Ah oui ? Combien ? » Je matérialise mentalement un petit 100 000.
« – 350 000 points, au moins ! »
« - Pardon ? » Je matérialise maintenant une erreur de lecture de sa part.
« – Oui, environ ! »
« – Vous avez atteint quelle valeur max, 8192 (la plus haut valeur que j’ai vue) ? »
« - Oh, bien plus haut que ça, hehe ! Dans les 30000 ! » Je matérialise la monstrueuse tuile de 32768.

Bien qu’incapable de me donner le multiple exact, sa fierté déborde de sincérité. Jusqu’à l’aveu.

« J’avoue, je triche un peu. »

Ah ! Elle avoue ! Ces fameux clients de jeu complètement crackés, permettant toutes les fantaisies, jusqu’à écrire soi-même son score !

« - Je joue avec les cookies. » Ah ?
« - Comment cela ? »
« - Eh bien en fait, dès que j’atteins un 2048 avec le reste du tableau bien propre, je lance une nouvelle tabulation et je copie l’url : le navigateur démarre alors un nouveau jeu, mais pas de zéro : dans le même avancement que la tabulation où je joue. Ca ne marche qu’avec mon Firefox. »
« - Du coup, dès que cela se barre en vrille, vous redémarrez d’une tabulation où tout est encore propre ? »
« – Voilà ! » Sa fierté est palpable. « C’est comme si j’avais des petites sauvegardes de mes avancées, qui me permettent de créer comme une partie parfaite de 2048. »

Je pense sourire autant, si ce n’est plus que ma camarade de jeu de vol. Cette petite quinquagénaire, à sa manière et dans son coin, a trouvé un bug dans son navigateur pour mettre en place un système de sauvegardes incrémentales et ainsi, exploser les scores du seul jeu vidéo, qu’elle a découvert par hasard.

Vous, les gamers, avez immédiatement fait le lien avec les « Super Plays », ces pratiques extrêmes du jeu vidéo, tournées vers la performance pure et usant souvent de ce stratagème pour offrir des runs parfaits dans Super Mario, Quake et autres Half-Life.

Je n’ai pas voulu embrouiller ma joueuse avec les histoires de Super Play. Quelques minutes plus tard, elle revient vers moi et m’indique son mari, assis dans l’autre rangée de l’avion. Elle lui passe l’iPad, orné d’un beau 4096, le reste du board presque vierge.

« - Je lui passe le relai ! Comme il vient de s’y mettre, c’est lui qui monte de 0 jusque 2048, ensuite, je prends la main. »
Son mari, en souriant : « - Oui, je suis un peu son assistant ! »
- « Tu me le gâche pas celui là hein ! »

Ils rient tous les deux, elle sort son Kobo et lit pendant qu’il attaque l’ascension vers un 8192. Il échouera, avec un score de 51000 et quelques. Malgré leur répartition des tâches, elle reprendra l’iPad pour mécaniquement redémarrer une quête du chiffre.

A la descente de l’avion, je les prend en photo et demande quelques derniers renseignements : non, ils ne jouent pas à d’autres jeux vidéo. Oui ils essayeront Threes. Oui, il s’amusent comme des petits fous. Oui, ils m’ont mis la banane. Oui, je me suis remis à 2048.

4
AUG

La nouvelle, attendue, est tombée. La réaction, comme prévue, est choquée.

Le légendaire Studio Ghibli ferme.

Plus précisément – et pour surnager du tumulte d’émotions et de raccourcis déferlant cette nuit parmi les millions de fans, le Studio Ghibli va arrêter de produire des longs métrages d’animation. Comme il le faisait jusqu’alors. Le spécialiste Catsuka détaille tout, très bien, ici.

L’entreprise n’est pas juridiquement morte (5 employés, une division publicités), mais l’essentiel ne change pas : Près de 30 ans après la création du studio et près d’un an après la retraite de son maître Hayao Miyazaki, Ghibli ne pouvait plus voler.

Un destin déjà prédit en 2010, lors de la 1ère retraite.

Le four des deux derniers longs métrages, l’incapacité à construire une serre à nouveaux talents comme chez Pixar, le coût faramineux des artistes… Le départ de Miyazaki laissait peu de chances, autre que l’espoir fou des fans de voir son studio lui survivre.

Comme tout le monde, je vois défiler devant mes yeux et mes oreilles des centaines de moments, de visions, de souvenirs forts issus de tous ces chefs d’oeuvres. Des moment sacrés de notre culture.

Peut-être nous accrochons-nous trop, transformants les souvenirs en reliques, les artistes en dieux. Miyazaki, comme un homme, a décroché et entamé une nouvelle vie.

Comme il le dit si bien, mi bouddhiste, mi-taquin, dans ces images*, il ne faut pas sacraliser le studio lui-même. Son héritage perdurera dans les talents qui en émanent et qui s’exprimeront autre part.

Alors : arigato, Hayao “Totoro Porco Monono Chihiro Ponyo & co” Miyazaki,

et merci, tout le studio Ghibli.

(*tirées du documentaire “The Kingdom of Dreams and Madness” par Nicholas Kole, via netsabes)

1
AUG

Les films de vacances, c’est chouette, sauf quand il faut les monter pour le rendre digestes.

Heureusement dans la famille, nous avons ma soeur, pour ça. C’était notre voyage au Vietnam (j’en parle ici, elle en parle là), l’année dernière, c’était fort.

Et bonnes vacances de cette année !